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Article
paru dans l'Est Républicain en page Besançon
Mobilisation
pour Cesare Battisti
Entre cent
et cent cinquante personnes ont répondu, hier, à l'appel
du collectif bisontin pour la « libération immédiate
» de l'écrivain Cesare Battisti. Incarcéré
depuis le 10 février à la Santé, l'ancien militant
italien du groupuscule Prolétaires armés pour le communisme
dans les années 70, se trouve sous le coup d'une procédure
d'extradition.
Ce, après que le président Mitterrand, en 1985, ait
promis aux exilés italiens de ne pas les extrader s'ils renonçaient
à la violence. Ce, alors qu'à son arrivée en
France en 1990, Cesare Battisti a déjà fait l'objet
d'une procédure du même ordre se soldant par un avis
défavorable de la chambre d'accusation l'année suivante.
«
Déni de justice »
« On ne peut pas accepter une décision arbitraire. Je
ne sais pas si le terme de déni de justice est le bon mais
ça y ressemble fort » explique Véronique qui s'est
mobilisée, hier, pour l'homme plus que pour l'écrivain
qu'elle n'a pas lu. « Il est impensable qu'on veuille juger
quelqu'un deux fois pour les même faits. Cela relève
de l'exercice d'une sorte de pseudo-diplomatie qui écrase le
droit des individus. Mais ce n'est pas étonnant dans un pays
où les libertés se restreignent au point d'être
condamné à un mois de prison ferme pour avoir insulté
un ministre » ajoute Gilles.
Plus de deux cent signatures recueillies hier, en début d'après-midi,
10.000 en France et en Italie, les amis de Battisti proposaient également
des cartes postales déjà timbrées et remplies
à l'adresse du prisonnier pour lui adresser un modeste message
de soutien.
L'argent récolté étant promis à la compagne
de l'écrivain pour l'aider à payer ses avocats. Reconnu
pour ses romans noirs dans lesquels il a raconté son parcours,
Cesare Battisti, qui travaillait comme concierge d'un immeuble parisien
quand il a été arrêté, ne roule pas sur
l'or.
En 1999
à Besançon
Les animateurs du festival « Pas serial s'abstenir » se
souviennent de sa présence à la 5e édition en
1999. Ils font partie du comité de soutien avec les librairies
l'Autodidacte, Les sandales d'Empédocle, le Groupe départemental
de l'école émancipée, SUD, la LCR, le CNT et
la fédération anarchiste. En soirée, un documentaire
d'André Sauvageot sur l'écrivain était projeté
au petit Kursaal.
Si Cesare Battisti, condamné à perpétuité
en son absence pour des meurtres qu'il nie (et pour certains commis
dans des villes différentes à la même heure qu'il
aurait bien eu du mal à commettre), est extradé vers
l'Italie, il ne sera pas rejugé comme cela serait le cas en
France. C'est ce que craignent ceux qui le soutiennent estimant que
cette procédure d'extradition dont a déjà fait
les frais en 2002, Paolo Persichetti, est un cadeau fait un Silvio
Berlusconi par le gouvernement actuel.
Fred JIMENEZ
Pour écrire
à Cesare Battisti : nème d'écrou 282 069 X, 1re
division, prison de la Santé, 42, rue de la Santé -
75014 Paris.
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