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Magazine |
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Sophie Ronsin
Communication, information et miroir aux alouettes |
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99% de patrimoine génétique commun. Voilà ce qui nous rapproche des primates. Ce qui nous en éloigne, ce 1% qui fait toute la différence, serait constitué d’une capacité de conscience, d’une capacité à observer et à s’auto-observer. Chez tous les animaux, les générations se succèdent comme si le rôle de chacune était de passer le relais à la suivante. Seul l’homme bénéficie d’un plus : il peut réfléchir sur ce qu’il est et sur le monde qui l’entoure. Non seulement il est, mais il sait qu’il est. Il s’agit simplement là de pensée et aujourd’hui il peut être bon de se demander comment les nouveaux moyens d’information et de communication viennent enrichir cette pensée. |
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Ainsi, concernant le téléphone portable, l’hebdomadaire New Bizz publiait il y a quelques mois un éditorial dans lequel il rappelait qu’être toujours joignable c’est ne jamais pouvoir débrancher, et que le jour où l’on aura inventé le téléphone waterproof on supprimera, en donnant à l’homme la possibilité de pouvoir téléphoner jusque sous la douche, sans doute le seul espace d’isolement et de réflexion qui lui reste. Que se passera-t-il lorsqu’il aura des écouteurs greffés à l’oreille et quelle pensée jaillira du cerveau de ces spécialistes de la communication que sont les frénétiques utilisateurs de portables ? |
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Avec Internet s’ouvre l’ère de l’accessibilité à toute information semble-t-il. Certes, il est vrai qu’une fois éliminés de la Toile l’album de photos de famille de nos chers voisins, les caméras qui nous dévoilent depuis l’intérieur la vie quotidienne passionnante de nombreux individus, les artistes méconnus qui font caca et qui exposent leur ouvre impérissable. Ce qui est génial avec le Web, c’est que, comme avec le Loft, nous pouvons désormais tous devenir des stars. Il reste de l’information fondamentale, que l’on n’aurait pour sûr jamais trouvée ailleurs. |
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Mais il semblerait que le summum ait été atteint avec le système de l’information en continu que nous offrent les médias. Du déjà-vu avec la guerre du Golfe et remis au goût du jour avec les attentats aux Etats-Unis. Reprenons par ordre. Mardi après-midi heure française surviennent les attentats. |
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Dès lors se posent quelques questions fondamentales : qui, comment, pourquoi ? Les dépêches de l’AFP se succèdent. Les caméras tournent en continu. Les analystes se préparent. Mais aucun élément permettant de répondre à ces questions n’est apparemment disponible. Il n’y a comme matière à l’information que les faits et rien que les faits. |
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Jusqu’à mercredi après-midi, toute l’information concernera les faits eux-mêmes. On repasse en boucle les images chocs et des spécialistes viennent nous donner quelques explications fondamentales sur pourquoi il est difficile d’évacuer des tours en flammes, comment réagissent les pilotes d’avion en cas de détournement, etc. Autre reportage de fond sur France Info, concernant les réactions des élèves de l’Ecole américaine de Paris. Ceux-ci refusent de parler au micro ? Pas de problème, c’est le journaliste qui décrira les scènes de pleurs et de désespoir des élèves. |
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On ne sait toujours rien, mais l’information reste en continu. Et nous savons tout sur l’horreur absolue, sur le sang, sur les larmes, sur la douleur et sur l’état de choc des citoyens américains comme celui du monde entier. Nous en savons tellement que nous éviterons juste une question : à qui profite le crime ? Voilà qui est extraordinaire avec la démocratisation de l’information, c’est que moins on sait, plus on a la conviction d’en savoir. |
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Il ne faudrait pas oublier un
détail dans ce qui différencie l’humain de l’animal, c’est que ce 1%
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