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Magazine
n° 10. Octobre 2002.


© Photo Valérie Couteron

A Machecoul, en Loire-Atlantique, il y a l’usine Gitane. Cette usine fabrique des vélos. A midi, l’heure du déjeuner, une sonnerie stridente retentit entre les murs de l’usine. Aussitôt, les ouvriers se précipitent vers la sortie. Ils se bousculent les uns les autres pour sortir les premiers. La sortie est une petite porte blindée qui donne sur le parking de l’usine. En arrivant sur le parking, les ouvriers se jettent dans leur voiture. Ils démarrent dans des crissements de pneus. Ils ne vont pas très loin. Ils font à peine un kilomètre. Ils vont se garer devant des pavillons blancs. Il y a un jardinet devant chaque pavillon. Les pavillons sont alignés les uns à côté des autres. A 13h00, les ouvriers ressortent de leur pavillon en courant. Ils remontent dans leur voiture et roulent vers l’usine pour recommencer à fabriquer des vélos.

En Bourgogne, à Chalon-sur-Saône, il y a l’usine Saint-Gobain. Avec trois fours et quatre cents ouvriers, l’usine Saint-Gobain fabrique trois millions de bouteilles par jour. A l’extérieur des fours, la température atteint quatre-vingt dix degrés. Le bruit est presque de cent dix décibels. Mélangé au calcaire, à la soude et à quelques autres ingrédients de sorcières, le sable se transforme en une pâte rouge feu. Cette pâte est déversée dans des moules. Les moules vont fournir des bouteilles de vin, de jus de fruits, de sodas et d’apéritifs. Tout cela se passe avec une rapidité extrême. Les bouteilles sortent des moules, sont posées mécaniquement sur des tapis roulants et défilent comme des momies empoisonnées. Les ouvriers surveillent les chaînes. Ils se penchent sur les bouteilles rouge feu pour vérifier qu’il n’y a aucun défaut de fabrication. Parfois, certains ouvriers inattentifs se brûlent.

Contacts : Christophe Mager /Valérie Couteron
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