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Magazine |
![]() © Photo Valérie Couteron |
Dans
les années vingt, au village de Saint-Jean-du-Gard, dans les Cévennes,
certaines ouvrières de la filature Henri Barthélémy Bertrand dormaient
dans « la maison » ou « le dortoir ». N’étant pas
mariées, venant principalement d’Espagne et d’Italie, ces ouvrières n’avaient
pas la possibilité de trouver un logement décent. Bien évidemment, ce
dortoir était dirigé par les filatures Henri Barthélémy Bertrand. |
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- Article I : Les fileuses doivent obéissance et soumission aux personnes chargées de les surveiller, tant à la maison qu’à la filature. - Article II : Au premier coup de sirène, c’est à dire à cinq heures trente du matin, les fileuses devront se lever et procéder à leur toilette, afin d'arriver à la filature cinq minutes avant le commencement du travail, c’est à dire à six heures précises. - Article III : Il est expressément défendu de manger ou de garder des comestibles dans le dortoir, qui doit être tenu dans un état de propreté absolu. Toutes les semaines, deux ouvrières seront désignées, à tour de rôle par la surveillante, pour balayer les locaux et vider les eaux sales. - Article IV : Les fenêtres des dortoirs devront être tenues ouvertes pendant la journée ; les lits seront découverts pour permettre l’aération de la literie jusqu’à huit heures du matin. - Article V : Pendant le repos du matin, de huit à neuf heures, chaque ouvrière devra faire son propre lit, et secouer avec soin les draps et couvertures. - Article VI : Pendant les repos, les ouvrières peuvent se promener et se distraire dans la cour attenant à leur logement ; elles ne doivent aller en ville que pour faire les achats qui leur sont indispensables, après avoir obtenu l’autorisation de leur surveillante. - Article VII : Il est absolument défendu d’aller en ville la nuit sous aucun prétexte. La porte de la maison donnant sur la rue sera fermée à six heures l’hiver, à huit heures l’été, celle donnant sur la cour à huit heures l’hiver, à neuf heures l’été. Celles qui, après les heures indiquées, iraient en ville sans autorisation préalable de M. le Directeur, seraient congédiées et perdraient leur droit au voyage aller et retour. - Article VIII : Conformément à l’article VII ci-dessus, seraient aussi renvoyées les ouvrières qui se feraient remarquer par une tenue et une conduite peu convenable. - Article IX : Après neuf heures du soir les lumières seront éteintes, tant au dortoir qu’au réfectoire, et les ouvrières devront être couchées et garder le silence. - Article X : Les ouvrières doivent assister aux offices le dimanche et les jours fériés. - Article XI : Toute infraction au nouveau règlement sera sévèrement réprimée, soit par une amende, une corvée supplémentaire ou l’exclusion. |
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Contacts
: Christophe
Mager /Valérie
Couteron
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