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à la rencontre d'univers

en liberté

Magazine
n° 11. Décembre 2002.


© Photo : Anne Pambrun

Gérer la forfaiture en régime post-républicain

Jamais société humaine ne fut si standardisée, normalisée - jamais troupeau ne fut si aisé à mener selon le bon plaisir de ses pasteurs ; et jamais on ne vit avec tant d’effronterie la pénurie mimer l’abondance, la misère se dire richesse, la douleur se prétendre plaisir, l’uniformité se parer des attraits de la diversité, la crainte revêtir la toge étincelante du courage - et la soumission usurper le nom sacré de liberté.

Comment s’étonner, dans ces conditions, que la parole donnée au nom de la Nation à ceux qui, voici vingt ans, combattaient en Italie au nom de l’impossible – et qui sont venus comme Thémistocle se placer sous la protection du peuple qui renversa jadis tant de trônes – soit comptée pour rien par un Chirac, un Sarkozy, un Perben, hideuses figures de politiciens véreux tout droit sorties du second empire ? Cette clique, qui prend son fade à se récurer frénétiquement les sphincters avec l’honneur de ladite Nation…

Pour rendre la honte plus honteuse encore, il ne suffit plus de la livrer à la publicité. Voyez Berlusconi qui tire toute sa richesse et sa puissance du feuilleton incessant de son infamie et des ses intrigues. Voyez encore le crétin Bush, et sa sanguinaire coterie pétrolière, prêts à plonger le monde dans la destruction pour quelques dollars de plus, et qui le proclament, et qui s’en flattent… Il n’est plus qu’une seule solution pour que la vergogne regagne ses droits : s’emparer de la carotte que ces gens de pouvoir ont plantée dans le fondement populaire… pour en farcir vigoureusement leurs noirs croupions. Et les promener ainsi, sous les crachats et les quolibets, de par l’espace public enfin reconquis.

Alors, on pourrait recommencer à parler de liberté, non comme d’un vain fantôme mais comme de la condition même de la vie humaine.

Julius Van Daal en brumaire

Contact : Julius Van Daal
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