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ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté |
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Magazine |
Un
alchimiste à l’honneur chez ViaLibre5
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Ne serait-ce que parce que le nom du " groupe " est intéressant en soi, et reflète bien la volonté qui a animé le projet musical. Le laboratoire, c’est ce lieu - pas forcément géographique - où l’on fait des expériences, des analyses, pour découvrir, à partir des éléments déjà connus, de nouvelles molécules ou combinaisons de molécules. Or celles qui intéressent notre expérimentateur, c’est ce " Salem ", dont les sonorités hantent encore de manière obscure notre imaginaire, et tous les lambeaux qui y sont confusément liés, sensation d’inquiétude et de peur, mélange poisseux, Amérique, Afrique, vaudou, intolérance, possession… |
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C’est dans cette tension que baigne l’album, qui raconte d’abord une histoire, celle du " complot haschichin ", vrai fil conducteur de l’ensemble : deux frères, Jacky et Bobby, sont chargés par un chef de la mafia, Sarkos le grec, de retrouver les voleurs d’une HGM (Herbe Génétiquement Modifiée) dans les bas-fonds d’une grande ville. Dans une atmosphère où l’on retrouve à la fois l’esprit des romans noirs des années 40, le délire funky des séries américaines des années 70, des références plus actuelles ou complètement personnelles, l’auditeur suit cette " course effrénée " qui plonge peu à peu dans un enfer indéterminé dont on se sort pas. |
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En
fait d’" auditeur ", je devrais également m’adresser
à un " spectateur ", car ces aventures s’accompagnent
d’animations étonnantes qui viennent les habiller d’une chair visuelle.
Des dessins vifs et froids, aux couleurs acides et aux contours nettement
tranchés s’animent peu à peu, se diluent dans des effets
spéciaux qui permettent des glissements d’une situation à
une autre, toujours dans le rythme du morceau, dans le sens de la narration.
Les tourbillons psychédéliques sont des moments en soi dans
ces clips, mais aussi des lieux de passages vers des digressions visuelles
qui viennent appuyer et préciser le texte, ou le moquer ironiquement,
faisant plus encore de l’ensemble un univers à voies multiples
extrêmement prenant.
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La matière première de ces voix reste bien entendu la musique, résultat le plus abouti des expériences de cet étrange Laboratoire. Là se mêlent rap, trip hop, dub, ragtime, rock noisy, jungle, en fonction des épisodes de l’histoire, illustrant la situation, mais aussi à l’intérieur d’un même morceau, voire dans les sonorités elles-mêmes. Pourtant, aucune impression d’amoncellement maladroit ou de cacophonie pénible. Au contraire ces références servent à tisser, petit à petit, par leur rencontre parfaitement orchestrée, une voix et un paysage sonore particulier, tantôt entraînant, reposant, ou angoissé. Notre
alchimiste a donc réalisé une combinaison curieuse, à
la fois récit, image et musique, où s’expriment des références
multiples et des hommages discrets. Mais malgré cet aspect séduisant,
il ne s’agit pas pour lui de suivre une mode ou de partir à la
quête artistique d’un nouvel eldorado sonore. Tout ce travail,
ce mixage, ces modes d’expressions combinés fondent ensemble
et tendent vers un unique but, tout simple : créer un univers
de narration personnel, raconter une histoire. C’est à dire capter,
faire imaginer, dénoncer, partager des atmosphères, des
manières de voir. Et l’audito-spectateur éprouve ainsi
complètement ce monde étrange qui lui est proposé,
se perd dans les couloirs de la " taverne du diable ",
comprend la menace qui sourd derrière les frères haschichins,
et n’y échappe que par le " final smooth "
qui propose un repos artificiel, une fausse échappée,
et sonne comme un au revoir. Les potions du laboratoire de Salem trouvent
ainsi une formule secrète qui, elle aussi, ouvre une porte. Une
de plus.
Album
: Le Laboratoire de Salem, Le Complot haschichin. ©Jean-Christophe
Deyagère |
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Contact
: Quentin
Deluermoz
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