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L'avenir
est sombre mais la musique est excellente ! Dans un contexte qui confine
au cyborg, au post-humain, le libéralisme et l'obscurantisme achèvent
peut-être bien les chevaux, mais n'achèvent pas le genre
humain. Le contexte guerrier de monde contemporain (en gros : manipulation,
racisme et finance) ne se défait pas de la subversion, du référentiel,
de l'histoire, des couleurs, du combat. Par exemple, Manu Chao et ses
notes n'ont pas attendues le libéralisme pour faire de la musique,
mais le contexte libéral actuel a offert... une contextualité
à cette musique et à ce nom espagnol de musicien troubadour.
Par exemple, Noël Godin n'a pas attendu Bill Gates pour lancer des
plats, mais le libéralisme philosophique et politique lui a offert
ses visages (le seul abruti a avoir porté plainte étant
un demi-vivant répondant au dur nom de Jean-Pierre Chevènement).
Culture, sens de l'histoire et subversion : " c'est le sort qui nous reste
en attendant la bombe ", dirait un résigné, " c'est la hauteur
qu'on a pour sauter, alors sautons ! " dirait un boute-en-train de la
pensée !
Oui, sautons... et savourons la chute libre ! Car résister au nivellement
culturel, se battre contre l'uniformisation, ne doit pas dire qu'on doit
s'acharner à ne chanter que la chanson plaintive d'une victime
! Mettons en pleine lumière, avec une curiosité joyeuse
et un esprit vif, la beauté de la variété culturelle
et illuminons surtout les phénomènes culturels qui ne semblent
même pas dignes d'être considérés comme tels
! Dénichons la moindre trace de mémoire menacée de
disparition et rendons nos trouvailles publiques - tout en gardant le
sourire !
Sauter et Sourire, un programme en soi. Il nous reste à tracer
un appui et un visage, un langage et un regard, un langage dans le regard.
L’Internet n’est ici qu’un outil, à utiliser comme tel : à
nous de trouver les mots, les images, les sons, les associations, les
échanges, les mélanges congrus incongrus ratés réussis…
pour esquisser cet œil gai qui ébranle les cadres en place, (re)donne
sens autour de lui, dégage une dynamique, tend vers le dehors.
Saut, sourire, œil.
Cet œil, il faut le rêver toujours en proie à l’étonnement
et à l’émotion , et que les blasés nous excusent,
nous ne pouvons plus rien pour eux ! Le refus de la cécité,
c’est la constante volonté en une beauté en devenir, en
découvrir. Et
lorsque la beauté n’est pas évidente et immédiate l’œil
doit alors se montrer patient, courageux , généreux :
Sauter et Sourire, c’est aussi ne pas avoir peur de se faire malmener,
ne pas fuir en brandissant l’étendard, convenu, de l’ennui.
Et parce que l’ennui n’est pas du genre à se laisser faire, la
tactique est essentielle (hé hé hé…) Le renouvellement
constant des rédacteurs en chefs a été ici primordial.
Grâce à toutes ces têtes brûlées motivées
(et il faut l’être !), grâce à tous les collaborateurs
enthousiastes qui ont fait jusqu’à présent la sève
de ViaLibre5, nous avons pu, semble-t-il, continuer à palpiter,
et, malgré les difficultés, peut-être pouvons-nous
espérer palpiter de mieux en mieux. Alors, je palpite, tu palpites,
il palpite, nous pâles pythons, vous palpitez… Sera-ce palpitant
?
D’une fête à l’autre, entre voyages et baises, ViaLibre5
a rarement le temps pour les questions sérieuses. Nous pouvons
toujours rêver des scepticismes intellectuels, des mots pondérés
du comité de rédaction qui sait bien à quoi s’en
tenir, mais malheureusement on n’a pas la ligne. Notre conduite se trace
toute seule dans la marre frémissante du consensus sentimental.
Voilà où ont été conçus dix numéros
de ViaLibre5. Les accouchements tous à risque. Et ça va
vite ! Collés aux sièges par l’accélération,
maintenant nous regardons ahuris la lune traverser le ciel. Pour la suivre
notre train a quitté les rails et nous allons comme poissons dans
la nuit.
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