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ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté |
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Magazine |
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Le photographe en voyage |
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par
Nikolaus
Korab
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Le photographe
voyage chaque fois qu’il prend son appareil dans la main. Simplement pour
faire une image du monde autour de lui et pour en raconter son point vue.
De la même manière, j'ai fait mes premières photos dans ma propre chambre. |
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J'ai alors commencé à explorer, avec l’appareil, le quartier où j'ai grandi. Puis j'ai élargi lentement mon exploration à des rues et des parties inconnues de la ville, où s’étaient installés des travailleurs immigrés (yougoslaves, turcs, chinois). Plus tard, j'ai progressé jusqu'aux bords de la ville, aux autoroutes, aux gares, aux entrepôts, et j'ai rencontré des sans-abris et d'autres nomades de la société dans l'ombre des ponts. C'est là où le photographe développe cette sorte de l'intuition qui ressemble à un sixième sens : savoir à quel endroit, derrière quel façade, dans quelle rue inconnue on trouve les images qu'on cherche. Ici on apprend les moyens d’aborder pour traiter des gens parfaitement étrangers, les persuader de participer aux prises d'images qu'on a dans la tête. Et aussi à gérer des situations comme, pour ce qui me concerne, avec des kids de 14 ans qui, aussitôt que j'avais tiré ma caméra, ont tendu une arme d'estoc vers moi. |
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Ces voyages
d'exploration à travers ma ville natale, entamés presque
chaque jour - très souvent jusqu'à 10 heures à pied
- pendant environ une dizaine d'années depuis l'âge de 16
ans, appartiennent aux plus captivants et plus importants pour moi. Mes
alentours familiers ont été le meilleur terrain pour pouvoir
explorer et développer mes propres formes d'image parce que je
pouvait y travailler d'une manière très concentrée
et sans être distrait par aucun élément perturbateur. Aucune autre forme d'art ne dépend autant de paramètres si incalculables, de coïncidences si amusantes et hasardeuses que l'art de voyager. Chaque pays,
chacun continent, apporte de nouvelles données, il est impossible
de se fier aux expériences faites sur un continent et de croire
qu'on arrivera à développer une routine du voyage "applicable"
pendant un autre voyage. Mê^me le simple fait de revenir dans un
pays déjà visité offre un voyage différent.
On recommence dans chaque pays à apprendre à être
et à voir, du zéro et quelles techniques on doit appliquer
pour pouvoir faire les images. |
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| Durant un voyage à travers l'Afrique occidentale (Tunisie, Algérie, Niger, Mali et Sénégal), j'ai traversé le Sahara en voiture, la caméra dans un panier que j'avais trouvé sur un marché local (là-bas, tout le monde utilise ce genre de panier pour y transporter des affaires). Me promenant partout avec cet objet en usage au pays, je me suis adapté aux coutumes et on m'a accepté. | ![]() |
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Ainsi il m'était possible -bien que beaucoup plus pâle !-, de parler avec les gens et de faire leurs connaissance, comme une personne normale. J'ai photographié seulement lorsque c'était convenu, mais souvent, j'ai laissé la caméra dans le panier : par exemple, sur une de 3 journées de randonnée au pays du peuple des Dogons au Mali, où j'ai fait l'ascension du rocher de Bandiagara avec un guide local, pour visiter l'un des villages du plateau. Là, j'avais le bonheur d'être invité dans la maison de réunion par les sages de l'endroit et de boire avec eux la bière de millet rituelle. Ils ne m'auraient certainement pas accueilli si cordialement si j'avais porté ma caméra devant moi… Sans avoir fait des photos de cet événement, les images me sont restés très clairement gravé dans ma tête... D'autres voyages
en quête d'images m'ont mené à plusieurs reprises
en Egypte, où j'avais le bonheur d'être reçu à
Caire par une famille qui, dès ma 2ème et 3ème visite,
m'avait déjà accueilli comme un de leurs. Un bel et heureux
hasard faisait que le fils de la famille, du même âge que
moi, se mariait pendant mon 2ème séjour à Caire.
J’ai participé à la fête comme un membre de la famille.
La partie essentielle de la fête était qu'on devait tous
danser et, bien que moi, je ne danse jamais, je me laissai convaincre
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Contact
Nikolaus Korab
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