|
ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté |
|
|
|
|
|
Magazine |
|
Emile Buisson reprend le flambeau de "l’Ennemi Public n°1" Témoins :
Roger Borniche, Alain Corneau. |
![]() |
Lorsqu’Emile Buisson (né en 1902 à Paray-le-Monial) dit " Mimile " s’échappe de l’hôpital psychiatrique de Villejuif en 1947, personne ne peut imaginer qu’il sera le nouvel " Ennemi Public n°1 " qui détrônera Pierrot-le Fou. Certes, il a un casier déjà chargé mais la police de l’époque, toujours préoccupé par Pierrot-le-Fou et l’épuration, ne prête guère attention à " Mimile ". Enfance difficile, vol à la tire, escroqueries, port d’arme, il est incarcéré dès l’âge de 16 ans. Accompagné de son frère, de 1921 à 1931, ils collectionneront les condamnations comme des médailles et s’exileront ensuite pendant 5 années à Shanghai où ils monteront un bordel. |
|
De retour en France, ils braquent le Crédit Lyonnais de Troyes et commencent alors à fréquenter le milieu parisien. Mais ils se font rapidement arrêter. Buisson réussit à s’évader durant son transfert et braque le C.I.C dès 1941, tuant au passage l’un des convoyeur. Arrestations, évasions se succèdent, il rejoint à son tour la gestapo. De nouveau arrêté lors d’un simple contrôle d’identité, il réussit à se faire passer pour " pervers " et se fait incarcérer à La Santé. Évasion de nouveau et rencontre de son futur bras droit Roger Dekker. 1947, considéré comme fou, il est interné à Villejuif et s’en évade rapidement grâce à la bande à Dekker. Dès lors et durant trois longues années, la police ne cessera de le traquer. En vain. Buisson commettra de nombreux braquages (22 agressions en 4 mois) et exécutera froidement son plus proche collaborateur, Russac. Finalement, la PJ réussit quand même à les repérer dans leur planque. Chanceux, Buisson en réchappe et reconstitue sa bande puis continue ses braquages qu’il exécute avec une arrogance qui déconcertera tous les services de police. Le commissaire Chenevrier qui a fait de Buisson une affaire personnelle confie alors le dossier à Borniche. Ce dernier en réussissant à infiltrer le milieu finit par arrêter Buisson en orchestrant un plan machiavélique. Faux truand, fausse planque, Buisson sera arrêté en douceur. 3 ans d’instruction seront nécessaire pour éclaircir les 36 meurtres et agressions du gang de Buisson. Il sera guillotiné le 28 février 1956. |
|
Rétrospectivement,
Pierrot-le-Fou " orphelin de la guerre " a permis
à " La France " en pleine recomposition politique,
sociale et intellectuelle de faire diversion. Ce faisant, elle a créé
son propre mythe, ce " Lacernaire moderne ".
" Mimile ", en reprenant le flambeau de " l’Ennemi Public n °1 ", se retrouve seul et isolé. Pour la première fois dans l’histoire des médias français apparaît à la télévision l’image idéale de " l’Ennemi Public N°1 ". Pour la première fois, on expose dans la petite lucarne un " Ennemi Public N°1 " qui sert de catharsis à un peuple traversé par des tensions extrêmes. Les Colonies qui foutent le camp, des institutions confuses, des hommes politiques occupés à se quereller, une France, en quête d’elle même, affolée par " Les Cocos", allait sombrer dans les bras de " L’Ennemi Public N°1 ". |
![]() |