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en liberté

Magazine
n° 13. Mars 2003.

Carlos, L'Ennemi Public N°1 international

Les années 70 verront l’émergence d’un autre genre " d’Ennemi Public n°1 " des "terroristes internationaux" dont la particularité était d’agir pour le compte d’une idéologie le plus souvent révolutionnaire et de bénéficier par la même d’appuis intellectuels et du soutien de certains pays. Tout commence par l’arrestation du terroriste libanais Michel Wahab Moukarbal (fondateur d’un mouvement pro-palestinien) qui, au cours d’un long interrogatoire, finira par révéler la planque de Carlos (jusqu’alors encore inconnu) dans le Quartier latin. Moukarbal et trois policiers s’y rendent mais se font descendre froidement par celui qui allait défrayer la chronique durant de nombreuses années. Mais qui est ce mystérieux Carlos ?

De fil en aiguille, la police arrête une de ses complices une colombienne chez laquelle ils trouvent un véritable arsenal et une liste de victimes potentielles (intellectuels, industriels, politiques…) Rapidement des liens avec la bande à Baader-Meinhof et l’Armée Rouge Japonaise apparaissent, ce qui donne à penser aux policiers qu’ils ont affaire là, à un véritable réseau d’ampleur internationale et que Carlos n’est certainement pas un simple criminel. Et derrière tout ça bien évidemment, se profile peu à peu l’ombre du KGB et des cubains. Par recoupement, la police finit par identifier les auteurs de nombreux attentats et prises d’otage (Ambassade de France à La Haye, drugstore de Saint Germain des Prés etc…)

Finalement Carlos est identifié, c’est un vénézuélien né en 1949, du nom de Ilitch Sanchez Ramirez, marxiste et fils d’un riche avocat. 1964, il entre dans les jeunesses communistes, 1968 on le retrouve à Moscou aux côtés de Lumumba et fréquente le KGB. Alger, La Jordanie où il est formé par Georges Habache au sein du FPLP. Puis en 1972, il s’installe en Angleterre où il y fréquente l’IRA.

Enfin, 1975, il succède à Mohamed Boudia (leader palestinien assassiné par le MOSSAD).Grâce à un réseau de complicités féminines, Carlos glisse à travers les mailles des différentes forces de sécurité. (Interpol, Scotland Yard etc…) Cependant en interrogeant l’une des maîtresse de Carlos, Angela Otaola, la police anglaise finit par démanteler le réseau Carlos sans pour autant arrêter l’intéressé.

Parallèlement, la personnalité de Carlos dérange de plus en plus le milieu diplomatique, plusieurs d’entre eux " tombent " progressivement. Alliances compromettantes, réseaux douteux etc… Michel Poniatowski monte au créneau et met en garde les différentes autorités contre un " complot " d’ampleur internationale qui viserait à déstabiliser l’Europe. On est au bord du clash diplomatique avec l ‘URSS et Cuba. Carlos disparaît puis resurgit en 1976 lors de l’attaque d’une conférence des pays membres de L’OPEP. (3 morts, 8 blessés). Après cet attentat retentissant, Carlos trouve refuge en Algérie, Boumédienne lui accordant l’asile politique.

Carlos se fait progressivement oublier mais les différents services de police commencent à lui donner la paternité d’un bon nombre d’attentats et de tentative de putsch un peu partout dans le monde. Arrêté par les services spéciaux sur un territoire étranger (Le Soudan), Carlos est depuis détenu à la prison de La Santé à l’étage des personnes protégées. Une très lourde instruction est en cours.

A travers cet " Ennemi Public n°1 " international, nous avons toutes les convulsions, contradictions, fanatismes de toute une époque...

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