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Pierrot
le Fou, premier Ennemi Public N°1 à la française
En France, tout arrive avec le cinéma. Projection du film " Ennemi Public n °1 " de William Welleman en 1945 |
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D’emblée lorsque qu’on évoque le nom de " Pierrot-le-Fou " alias Pierre Loutrel, on pense à Godard. Mais qui était réellement ce Pierrot qui défraya la chronique juste après guerre ? Né en 1917 à Château-du-loir, il est issu d’une famille paysanne et demeure à ce jour comme le premier " Ennemi Public N°1 français ", définit comme tel. A ses débuts, il est plutôt perçu comme un raté, un truand à la petite semaine, mais c’est durant l’occupation qu’il acquière ses lettres de noblesse. Dans la collaboration tout d’abord, profitant de cette période de trouble pour se forger une solide réputation de meurtrier au sang froid. |
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" Gestapiste ", il en profitera pour régler ses comptes personnels avec la pègre en place et aussi pour construire son propre réseau (Raymond Naudy, Abel Danos dit " Le Mamouth ", Pierre Giblaise, Fernand " le poulet " et Jo Attia). Lorsque le vent tourne au profit des alliés, Pierrot-le-Fou qui devenait de toute évidence (à cause de ses dérapages répétées) un peu trop encombrant pour la gestapo, rejoint la résistance. Même méthode, même exactions, Pierrot-le-Fou se fait toujours remarquer par sa violence impulsive et son sang froid (abattant notamment un officier allemand à la terrasse d’un café de Toulouse). Racket, proxénétisme, il se battit rapidement une réputation de caïd sans scrupule. Dans cette France de l’après-guerre en pleine reconstruction, Pierrot-le-Fou " s’adapte " en fondant ce qui deviendra le fameux " Gang des tractions ". Il rassemble ses troupes et se munit de tractions avant (11 CV Citroën). |
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| À l’instar de la bande à Bonnot, le gang des tractions se caractérisera par ses règles d’or : préparation minutieuse, rapidité d’exécution, fuite et retraite dans un lieu sûr. Enchaînant ainsi règlements de compte et braquages de plus en plus importants : 1946 sera une année faste, ce qui surprend la police c’est davantage la cadence effrénée avec laquelle le gang enchaîne les braquages aux quatre coins de la France. | ![]() |
| A peine ont-ils commis un braquage, qu’ils sont déjà en train de préparer le suivant. C’est à cette époque que commencera un véritable chassé-croisé, une traque incessante entre les forces de l’ordre (dirigées par Roger Borniche) et le gang de tractions. Banques, bijouteries, postes, tout y passe jusqu’à cette fameuse bataille de Champigny où quelques uns de ses coéquipiers se firent prendre. | |
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Pierrot-le-Fou et le noyau dur de la bande s’en tireront cependant avec panache. Mais la bande désormais demeurera éclatée et cet épisode restera sans aucun doute le point culminant de la popularité de Pierrot-le-Fou. La suite et la fin seront presque " décevantes ".Progressivement le milieu semble éviter Pierrot-le-Fou, considéré comme trop dangereux. Le gang des tractions dissout, isolé, Pierrot-le-Fou se retrouve peu à peu seul ne commet que des larcins minables. |
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Jusqu'à ce braquage raté d’une petite bijouterie, où paniqué par la réaction des joailliers, Pierrot se tire malencontreusement une balle dans la vessie. Il succombera peu de temps après de ses blessures. Le comble de cette épopée, c’est que bien que déjà mort, il demeurera pendant encore 3 ans " l’Ennemi Public n°1 français". Et ce n’est qu’en 1949 en effet, que l’on retrouvera son corps, enterré par les soins de ses coéquipiers. Ce qui en dit long sur les besoins collectifs et inconscients des français de fantasmer dans ces années douloureuses d’après-guerre. Ainsi il restera ponctuellement à La Une des grands quotidiens. |
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