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Nestor Pirotte, "L'Ennemi Public N°1" On l'appelait "le tueur fou". Nestor Pirotte, la figure la plus inquiétante de la criminalité belge du XXeme siècle avant Marc Dutroux, est mort en prison il y a quelques mois. Il était âgé de 67 ans. Convaincu de trois assassinats, soupçonné de quatre autres, il aura passé passé près de 40 années de sa vie derrière les barreaux mais sera parvenu à être l'un des "grands" Ennemis Publics N°1. Nestor Pirotte était né le 5 janvier 1933 à Sosoye, un petit village proche d'Yvoir où son père exerçait la profession de garde-chasse, qu'il jugeait "indigne", lui qui tout au long de sa carrière criminelle s'est appliqué à se faire passer pour le comte de Ribaucourt, d'Argenteuil, de la Faille ou d'Outrelmont.
Sa carrière criminelle commence le 20 avril 1954. Ce jour-là, Nestor Pirotte bascule pour la première fois dans le crime de sang. Il tente d'obtenir de sa vieille tante l'argent qu'il réclame pour s'acheter une mobylette mais la tante refuse. Nestor rentre dans une colère noire, se saisit d'une barre de fer et lui fracasse le crâne. Le 11 juin 1955, il est condamné à la peine de mort. Une sanction commuée rapidement en détention à perpétué.
Treize ans plus tard, le 23 mars 1968, il bénéficie d'une libération conditionnelle. Il attend quelques semaines pour tuer à nouveau, le 14 mai. Il abat d'une balle dans la tête le gérant d'une agence bancaire de Genval, Mr Delisse, auquel il s'est présenté sous l'identité ronflante du "comte de Ribaucourt" et sous le prétexte de "négocier discrètement une importante opération de change". Pirotte est rapidement identifié et arrêté, le 21 mai. Dès son arrivée en prison, il feint une tentative de suicide en se jetant du haut d'un mur six mètres. En réalité, il vient de tenter sa première évasion. En 1970, jugé irresponsable de ses actes, il bénéficie d'une mesure d'internement et est accueilli à l'Etablissement de défense sociale de Tournai. En 1980, il est jugé guéri et sort en mai. Il trouve un emploi dans un magasin de radio-télévision.
Le 11 décembre 1980, les gendarmes pénètrent dans un restaurant de Spa "La Vieille France" où ils découvrent les corps sans vie de l'exploitante des lieux, Madeleine Humbert et de deux hommes, sans oublier le chien. Sur l'ardoise du restaurant figure le prénom du dernier client : "Nestor". L'étau se resserre sur Pirotte car il est habitué des lieux. Enfin, le fils de la propriétaire a disparu. Le doute s'installe. Le corps de ce dernier est retrouvé en janvier. Arrêté en février 1981, Pirotte bénéficiera d'un non-lieu. Le quadruple meurtre restera une énigme policière.
Cependant, Pirotte est arrêté par le parquet de Bruxelles pour ne pas avoir respecté certaines conditions mises à sa libération. Incarcéré, il s'évade dans la nuit du 2 au 3 août 1981. En Belgique, la panique et l'hystérie recommencent. Le 18 septembre, il tue un antiquaire bruxellois. Après une cavale qui traumatisa la Belgique, le commissaire Frédéric Godfroid de la PJ de Bruxelles parvient à arrêter Nestor Pirotte. Condanmé à mort en 1984, il tentera de s'évader en 1992. Jusqu'à sa mort, Nestor Pirotte fut craint et il demeura jusqu'à son dernier souffle le plus redoutable "Ennemi Public N°1" de Belgique. |