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Magazine
n° 14. Mai 2003.

Les Ents, bergers des arbres


© Julien Peltier. Droits réservés

Lorsque les enfants d'Ilùvatar s'éveillèrent, de puissantes créatures apparurent, et les Valar leur confièrent la garde vigilante de tous les Olvar. La race étrange et millénaire des Ents était née. Plus grands et forts que les Trolls, grossière et stupide contrefaçon de Morgoth, aussi justes et sages que les plus tempérés des Elfes, les Gardiens-des-Arbres forment un peuple clairsemé aux usages singuliers. Tout comme leurs frères inanimés, le temps n'a que peu de prise sur eux. C'est pourquoi leurs assemblées sont longues et verbeuses, de même qu'ils sont lents et circonspects à prendre parti. Leur décision est pourtant sans appel, et rien ne saurait résister à leur terrible et implacable colère ; un Onodrim, tel que les Premiers-nés les nomment, est capable, dans sa fureur, de déchirer le roc ou de balayer les édifices des mortels. Orthanc, citadelle corrompue par la félonie de Saroumane-le-Blanc, en fera la cruelle expérience quand les Ents de Fangorn, conduits par les vieux Sylvebarbe et Peaurude, réduiront en pièces ses défenses infestées d'Orcs. Il est cependant excessivement rare que les Onodrim, d'un naturel pondéré et bienveillant, entrent dans une telle rage. C'est heureux pour Merry et Pippin qui, ayant faussé compagnie à leurs repoussants geôliers, croiseront le chemin de ces êtres jusqu'alors en marge des affaires du monde. De fait, la dernière participation des Gardiens des Arbres aux guerres secouant les autres nations remontait au Premier Age, lorsqu'ils avaient refermé le piège tendu par Beren Erchamion à l'armée des Nains de Nogrod, de retour du pillage de Menegroth, et dont aucun Nain ne devait sortir vivant. L'aspect des Ents peut varier de manière considérable selon l'essence d'arbre à laquelle ils s'identifient. On peut néanmoins observer certaines constantes physiques, telles que la peau pareille à de l'écorce, et la barbe ou la chevelure semblables à des rameaux de branches broussailleuses. Les plus jeunes d'entre eux semblent présenter des caractéristiques moins végétales, à l'exemple des lèvres rouges de l'impétueux Vifsorbier, ami des deux semi-hommes.

Depuis le triste exil des Ents-femmes, parties jadis aux quatre vents récolter de beaux fruits dans leurs vergers merveilleux, ce peuple amoindri et déclinant se cantonne à l'ancien bois de Fangorn, qui n'est plus que le pâle reflet de ce qu'il fut autrefois. Et si d'aucuns, comme le Hobbit Ted Rouquin, ont aperçu des Onodrim au-delà des Landes du Nord du Comté, il s'agit, à n'en pas douter, de l'un de ceux qui nourrissent le vain espoir de retrouver les gracieuses Ents-Femmes, perdues à jamais.


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