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ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté |
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Magazine |
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Une
lettre qui s'écoute, |
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ll avait senti son malaise dès les premiers mots. Le vieux poste à cassette déraillait son souffle dans le casque, et la gêne enregistrée l’avait immédiatement fait sourire. Elle ne parvenait pas à parler, dans ce placard au silence rugueux, face à cette bande magnétique qui la fixait, qui voulait l’hypnotiser. Il s’était allongé prudemment sur le sol encombré de la chambre car le colis précipitamment déballé recouvrait son lit. Pendant de longues minutes il l’avait entendue chercher comment oublier le micro, les kilomètres, l’océan et le temps entre eux. Elle lisait ce qu’elle avait écrit avec ce ton particulier qui fait perdre l’histoire. A l’autre bout d’eux, il n’avait pas compris pas le sens de ces mots quittant soudainement le papier, mais il avait pris plaisir à l’écouter tricher, réciter de faux éclats, feindre des respirations qui faisaient de la lettre une histoire pour enfant, pour dormir. |
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| " Personne ne répète autant de paroles insensées qu'un amoureux, s'était-il dit. Les grands poètes sont solitaires, bon gré mal gré alors ils trouvent les mots. " Loin d'elle, il lui était arrivé de trouver les mots. A cet instant, l'oreille sur son poumon, il avait laissé la douceur de la lecture le bercer. Son sommeil glissait sur ce timbre haut perché, à la limite, juste à la limite du désagréable. Une voix faite pour murmurer, pour qu'on fasse l'effort de se pencher. Elle parlait le français d'un autre continent. Une voix de Jane Birkin. Il gommait le sens et s'offrait le plaisir rare d'un moment de répit. Un roman de mépis, disait-elle souvent. |
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« Je ne comprends rien à ces romans que tu me contes… » Comme il ne comprenait rien, enfant, somnolant la tempe chaude contre le cœur de sa mère ou de son père, aux conversations des adultes dans la nuit. Uniquement des vibrations de corps à corps. |
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«Merci à lhomme qui ma aimée entre deux vies, à défaut de lui chuchoter à laube de son oreille. Jai envie de te chanter une chanson parce que je pense que tu ne sais pas encore à quel point je chante mal, et cest quelque chose à découvrir. » La sincérité de son chant ne trouvant pas la justesse, son coffre trop petit aux murmures pourtant si francs Elle cessait de lire. Elle savait que sa voix serait elle malgré elle, lui venait de le découvrir. Pourtant le début de la lettre lannonçait : « Un homme ma dit un jour que jétais une exhibitionniste. Je ne sais pas, je suis seulement une fille nue.» Mais il ne se souvenait pas de ses propres paroles. |
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