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ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté |
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Magazine |
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Julien Ramel Histamine et Anticorps
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Toc, toc, toc...
« Agents Histamine et Anticorps. » Installé dans mon fauteuil habituel, je n’arrive pas à me calmer. Inutile d’essayer de me lever, l’agent qui se tient debout dans mon dos, Histamine, ne me le permettrait pas. C’est ce que l’autre, Anticorps, m’a calmement expliqué avant de sortir du séjour. Il m’a dit aussi que je devais me taire, qu’il savait déjà où j’avais caché le paquet. Naturellement, je n’ai pas opposé de résistance, question de mécanique élémentaire. La puissance développée par chacun des bras du dit Histamine doit être deux à trois fois supérieure à celle produite par mon organisme dans un bon jour. |
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Je me suis
assis là où on m’a demandé de m’asseoir, j’ai écouté attentivement ce
que l’on avait à me dire et je me tais. J’ai confiance dans la détermination
de mes visiteurs. |
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Son monologue achevé, Anticorps
est sorti de la pièce. Je m’attendais à entendre des bruits d’étagères qu’on
renverse, de vases qu’on brise, de placards qu’on vide. Au lieu de ça, c’est
le bruit de l’aspirateur qui s’est mis à remplir l’appartement. Pendant
que son acolyte me gardait en silence, Anticorps passait l’aspirateur avec
méthode. |
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Anticorps m’adresse un regard sincèrement désolé quand la lame perce le sac. Un nuage de poussière m’enveloppe. En même temps que j’éternue avec une violence dont je me serai cru incapable, je sais que mon diaphragme va se bloquer en position haute et que mon système respiratoire ne constituera bientôt plus qu’un gigantesque oedème. Moi aussi j’ai appris par cœur. A en croire le gonflement de mes paupières, de ma langue et de mes lèvres, les démangeaisons sur l’ensemble de mon épiderme et les vertiges dus à une brusque chute de tension, je dois cumuler crise d’asthme, choc anaphylactique et oedème de Quincke. Je ne sais pas si une telle combinaison est possible, mais je suis certain que chacune de ces réactions, prise séparément, peut être fatale. Je débute une séquence d’apnée définitive. L’attente de mon dernier instant de conscience prend le pas sur une douleur totale. Ce phénomène éveille ma curiosité. C’est comme ça que l’on meure. C’est ce que je me dis juste avant. |
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