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en liberté

Edito du n° 6
Avril 2002

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Édito

Parce que les femmes bougent sans arrêt.

Regarder les femmes évoluer dans les structures sociales actuelles, fragiles comme tout ce qui n'a aucune racine, jeunes par volonté, puissantes au présent, même si souvent velléitaires et parfois vieillies avant même d'arriver à maturité, mais explorées et fouillées par une masse de socio, psycho, anthropo, ethno and & Co.

Et toujours incomprises et insaisissables.

De quoi est-ce que je parle, des femmes ou des structures sociales ?

Et si cet avatar de société se conjuguait plus facilement au féminin ?

Réflexion anodine d'une femme passée dans et à travers les mouvements sociaux des trente dernières années : l'espèce féminine (tout âge confondu) reste volontiers hors de chez elle, cherchant en permanence un nouveau chemin, une voie plus libre, questionnant sans prétendre une réponse immédiate, savourant l'incertitude, prenant goût au risque.


La maison avec doubles rideaux aux fenêtres et la calfeutrée qui y était prisonnière ont disparu, ainsi que les structures rigides et rassurantes qui allaient avec, bien sûr. Ce qui crée une certaine nervosité sur les bords, bien sûr.

Mais justement : les bords. Découverte extraordinaire, pour notre peuplade coincée au centre d'un organisme reproductif et auto-reproductif qui à un moment donné a cessé d'être un centre.

Moi, c'est cette lisière qui m'intrigue, maintenant. Il me semble que les femmes s'y approchent.

«… Si l'on ne se compare à personne, on devient ce que l'on est » dit Krishnamurti.

Si les images du miroir social se brisent, la recherche de son identité se déplace.

Ce que l'on est se transforme en ce que l'on peut être. Une aventure de frontière commence.

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