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Magazine
N°7 Mai 2002

Linda Salatiel Jamisse
(Mozambique)

Xirimba, la voix qui vient de la mer

Je m'appelle Linda Salatiel Jamisse, mais depuis que je mène une carrière professionnelle en tant qu'artiste -et cela fait bientôt 2 ans- je suis Xirimba, expression qui dans ma langue maternelle Xitsuwa de l'ethnie des Ma-Tswa du Mozambique méridional, veut dire rythme. Cela m'identifie davantage avec mon travail. Dans ma famille, il y a la musique; tout le monde chantait, dans les Eglises, dans les mariages, dans les campagnes et dans la ville. Ma sœur est Mingas, une vocaliste plutôt connue car elle est choriste avec Myriam Makeba. Mon voyage dans la création a démarré avec l'artisanat et ma source d'inspiration primaire est la mer et ses couleurs si riches de tonalités variables que l'on peut observer dans les vagues, le sable ou les coquilles... cela me donne la paix. C'est l'entreliaison du sable avec les couleurs mutantes entre le bleu et le vert et le reflet des rayons du soleil. Ce que je ressens est très difficile à raconter car, au départ, tout cela passe dans le travail artisanal et notamment dans la peinture. Ce n'est qu'après que je suis arrivée à mettre en musique toutes ces impressions.

A Maputo, il y a la mer et une baie très belle dans laquelle se trouve la plage de Costa des Sol, qui m'a beaucoup influencé. De Maputo, souvent je partais à la campagne qui a également joue un rôle important dans mes créations. D'ailleurs, c'est ce changement de paysage qui a beaucoup travaillé mon imaginaire avec la présence de la forêt et les sons des oiseaux.

En milieu rural, les maisons sont bâties en boue et sable mélangés, mais il y, a aussi les maisons en paille de forme carrée. Dans les mashamba, les jardins, on cultive le mil et le manioc. Aux champs, la vie quotidienne est ponctuée de chants, du matin au soir: on chante pendant qu'on prépare le nourriture, qu'on pile le mais et les feuilles de manioc, qu'on travail aux champs...

Par la suite, et pendant une courte période, j'étais dans la chorale religieuse de l'Eglise fréquentée par mes parents mais cela n'a pas tellement duré. Après, j'ai rejoint une chorale qui avait d'autres influences: Shangana du sud, Chopi, Zoulù, Bitonga (centre), les langues à clicq...

Les rythmes du nord du Mozambique aussi m'ont influencé, tels qui ont été repris dans le répertoire de la chorale Mad-Jazz et les chants du nord vous pourrez les apprécier dans le spectacle que vous allez voir avec les Femmes Macuas. Mois, j'ai june voix soprano et en ce moment je suis entrain de travailler des airs d'opéra...

Il y a chez nous, un chef d'orchestre très connu, il s'appelle Faustino et a été formé en Russie. Donc, il a mélangé les connaissances acquises avec sa formation classique avec les langues locales à partir de sonorités originaires. En musique, l'apport de la langue est très important, c'est comme l'essence pour le moteur... c'est la base de mon travail, ça me donne le rythme.

Moi, je suis habituée à composer avant même de commencer à chanter et mes compositions s'inspiraient de la campagne et de tout ce qu'il y avait autour, les rivières... A la campagne, la manière de vivre change, mais la force de l'environnement est similaire...

Pour revenir aux langue, leur diversité m'a permis un éventail plus riche d'expressions. Avec une langue nouvelle, ce qui étonne au début est la beauté et l'amour de la langue de l'autre, ensuite on en reconnaît les similitudes avec les autres langues, les connexions culturelles, comment on véhicule les sentiments...

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