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Via Libre5 accueille le cri du perdant qui ne veut pas perdre la mémoire |
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Magazine |
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Susana
Baca L'ange noir de la chanson afro-péruvienne |
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Je
suis née tout près de la mer, à Chortillas, un petit village de pêcheurs
et campesinos dans les faubourgs de Lima, au Pérou. Quand j'étais très
petite, je me souviens encore qu'il y avait des paysans qui ne pouvaient
pas récolter toutes les moissons par manque de main d'œuvre. Alors, pour
ne pas gaspiller les fruits de la terre, on partait chercher la récolte
sur son terrain avec les autres familles de la zone, puis on partageait.
Ma mère nous conduisait et on rentrait à la maison avec des sacs remplis
de patates douces, de raisins... |
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A
Chortillas, le poisson a toujours été abondant! A 4 heures de l'après-midi,
on était tous au bord de l'océan à attendre l'arrivée des bateaux remplis
de poissons. |
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Après, en grandissant, je prenais partie à la fanfare du dimanche en tant que danseuse officielle et les gens dansaient les tonderos et les marineras exécutés par la fanfare. Parmi les populations de la côte pérouvienne sur le Pacifique, il y a beaucoup de Noirs, mais très mélangés suite à l'arrivée des Indiens. C'est l'héritage de la traite et ma mère me racontait de mon arrière arrière grand-mère. Elle s'appelait Placida et était esclave quand était gamine. Mais elle n'était pas traitée en tans qu'esclave parce qu'était dans les grâces de ses patrons. Sa vocation pour la musique avait conquis les maître et fut élevée dans la maison patronale. Placida avait ainsi appris à jouer le piano, elle jouait l'orgue pendant le messe de dimanche. Elle s'occupait aussi en faisant la pâtisserie, elle remplissait ses paniers, montait sur son âne et allait vendre les gâteaux dans les villages environnantes. Elle chantait les chants de l'Eglise, alors que ma mère et mes tantes chantaient les chants des Noirs. Elle le faisaient dans l'intimité, entre nous, quand les Blancs qui nous rappelaient l'esclavage n'étaient pas là... ! Plus tard, en discutant avec mes frères noirs, ils me disaient de ne pas se rappeler les chants de l'époque de la captivité; mais une fois, un homme m'a chanté quelques couplets venant de cette période enfouie. |
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