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Via Libre5 accueille le cri du perdant qui ne veut pas perdre la mémoire |
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Magazine |
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Hasna
el Becharia La grande dame des dunes |
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J'ai commencé à jouer à l'âge de 16 ans grâce à mon cousin Mohammed qui me prêtait sa guitare acoustique en échange d'un franc. Mon chanteur préféré était Enrico Macias et j'adorais 'J'ai quitté mon pays', l'un de ses succès. Alors, je me suis procurée ce disque pour une douzaine de francs. Ensuite, ma mère m'a acheté une platine et chaque jour, à la sortie de l'école, je rentrais vite à la maison pour écouter cette chanson. J'essayais d'en reprendre les airs à la guitare, mais sans chanter. Plus tard, j'ai appris les chansons arabes avec Fatima Habid, l'une des vedettes de Béchar. |
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Pendant
ses concerts, elle se faisait accompagner au tambourin bendir, au tambour
derbouka, parfois aux castagnettes karkabous. Pour revenir à la guitare,
j'ai dû faire face à l'opposition de mon père avec la complicité de Mohammed:
il sifflait quand il le voyait arriver et moi, je m'arrêtais... Une fois,
il m'a surpris, j'étais à la cuisine en train de jouer et m'a vertement
reproché. Cela ne m'a pas empêché de continuer d'autant que, peu de temps
après, il a quitté la maison familiale. Un jour, ma voisine et compagne
d'école Fusija m'a rendu visite pour m'annoncer son mariage et me proposer
d'animer une partie de la cérémonie. J'ai emprunté la guitare de Mohammed
pour 5 francs et l'après-midi, je suis partie jouer pour les jeunes filles
qui participaient aux préparatifs des noces. J'ai tellement bien joué
que le père de Fusija m'a demandé d'intervenir aussi le soir pour les
femmes. C'est lui qui s'est occupé de me ramener une guitare électrique
avec l'amplificateur. |
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Je suis partie voir un certain monsieur Gomez à Béchar pour lui acheter un amplificateur, dit elle. Comme il en avait pas dans sa boutique, il m'a fourni l'adresse d'un commerçant à Oran qui m'en a vendu un. En échange, je lui ai donné les bracelets reçus par ma maman en cadeau de mariage... C'était en 1973 et j'étais déjà séparée de mon mari. Je vivais de ma carrière, je pouvais aider ma mère et mes frères et, en 1974, j'ai commencé à me produire en concert à Alger et à Oran, toujours avec le même groupe de femmes, plus une nouvelle recrute, Kera. A la mort de Fatima, j'ai continué avec les autres, on interprétait le répertoire marocain. |
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Mon
père m'a raconté l'histoire des Noirs arrivés au Maroc il y a des siècles,
m'a parlé de nos ancêtres marocains et de mon grand-père qui est mort
sur le gumbri. Puis, après m'en avoir appris l'usage, il m'a invité à
jouer la guitare électrique pour la circoncision de mon petit frère Hasni
Bachir. Lui, il est devenu musicien et m'a beaucoup influencé. Il est
parti pour la France où, en 1986, a été tué. |
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