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à la rencontre d'univers

en liberté

Edito du n° 7, par Luigi Elongui Rosati
Mai 2002

Voci di donne del Sud // Voix de femmes du Sud


Guélédé
, masque symbolisant l'univers secret féminin
dans la culture Yoruba du Bénin et du Nigéria.

Une voix de femme s'étire imposante ou douce dans l'horizon bleuté... Un sentiment troublant de dépaysement s'en dégage, comme d'éloignement dans le temps et l'espace. Et peu importe qui vous êtes, même l'enfant ou le mari de la femme qui chante seront saisis par ses sonorités à la fois familiales et étranges. Comme si cette langue était secrète, jaillie d'un univers inconnu, inaccessible.

J'écoute, depuis longtemps, les chants des femmes des pays du Sud. Le sud, berceau méridional de la planète, celui où la première femme a vu le jour. Celui où le matriarcat ancestral a laissé ses traces dans les sociétés d'aujourd'hui...

 

Ces voix de femmes, si pleines d'émotions, intenses, ont toujours évoqué en moi des images enfouies peut être dans une époque révolue, visions offusquées d'une terre rêvée.

J'entends ce chant qui se lève et, du coup, je suis attiré là-bas, je voudrais me retrouver sur cet espace habité par les génies qui l'ont inspiré.

Les savanes parfumées de l'Afrique Noire, les steppes rudes de l'Asie Centrale, les douleurs fatales de la Méditerranée, les villages noirs de l'Amérique Latine, une église protestante au cœur de l'Empire... toutes ces voix gardent la saveur des lieux d'où elles viennent, le goût de la tendresse et la nostalgie brûlante au fil des souvenirs.

On voudrais s'en emparer, car la flamme d'un désir charnel ravive le brasier de l'esprit inquiet. Puis, on ressent dans tous ces chants le vécu des peuples du monde, qui refait lentement surface, brise le mur de l'ignorance, se communique à nous par les biais de ces voix.


Les femmes sont souvent les pionnières de la musique urbaine en Afrique. Sur cette photographie d'époque : les soeurs Comoé en concert à Abidjan dans les années 1950.

Il faut alors les écouter ces voix. Elles nous racontent plein d'histoires, comme des conteuses assises devant un feu de bois, dont les paroles dévoilent le passé pour éclairer le présent.

On écoute la mémoire qui chante, on écoute ses larmes et ses soupirs, ses suggestions et ses joies.

Cette voix enfin, qui vient du même ventre qui protège le mystère de la vie, espérons le à tout jamais !

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