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Extradition de Paolo Persichetti
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Réponse à Repubblica de Roberto De Caro,
directeur du magazine « Mordicus »

Au Directeur de « Repubblica » ainsi qu’à cent-vingt cinq autres lecteurs et collaborateurs de Repubblica, en vous priant de faire suivre.

Mon cher Directeur

J’ai envoyé il y a quelques jours une lettre (dont je vous joins une copie) dans laquelle je vous priais de mentionner un appel, signé entre autres par certains de vos collaborateurs, concernant les réfugiés italiens en France et en faveur notamment de Paolo Persichetti.

Je pensais que vos lecteurs, dont je faisais partie, ne méritaient pas l’acharnement agressif et sordide de Mario Pirani. Mais ma demande est restée ignorée et aujourd’hui, vous publiez sur le sujet le énième article de Pirani, qui vitupère contre la déchéance du journal « Le Monde » qui s’est permis de consacrer une page entière à Cesare Battisti, ex-brigadiste, sans procéder à un lynchage en règle. On pourrait noter que la prétention de vouloir museler une presse française  donnant la parole aux réfugiés politiques italiens relève du plagiat le plus évident : les fascistes l’avaient déjà fait, alors au moins ne les copiez pas. Il ne faut pas toujours copier les autres.

Je ne voudrais pourtant pas sembler ingénu, je sais que votre journal est connu pour être à la tête des quotidiens italiens les plus profondément et authentiquement réactionnaires. Et donc, cette fois, je ne vous demande pas la lune, mais juste un peu de décence. Je voudrais donc vous supplier de confier désormais les commentaires concernant la question qui nous intéresse à un homme de qualité, un journaliste objectif, et votre journal n’en manque pas. Un homme qui soit en mesure de frapper juste et dur, et non pas un dilettante, un quelconque petit cerveau aux idées courtes. Car ça, je le répète, nous lecteurs, nous ne le méritons pas.

Sincères salutations.

Dr Roberto De Caro
Directeur de Hortus Musicus
Piazza di Porta Ravegnana 1
40126 Bologne


14 septembre 02

A propos des réfugiés italiens en France.

Monsieur le directeur

Je suis l’un des signataires de « l’appel pour les réfugiés italiens en France », signé par Giorgio Agamben, Stefano Benni, Pino Cacucci, Valerio Evangelisti, Carlo Lucarelli, Stefano Tassinari et de beaucoup d’autres personnalités du monde de la culture italienne. L’appel, adressé aux autorités françaises, est une tentative d’amorce de réflexion historique sur vingt années de lutte sociale. Evidemment, je n’attends pas que vous le publiez, bien qu’il y ait parmi les signataires d’anciens ou d’actuels collaborateurs de votre journal. Mais il faudrait au moins en tenir compte, pour ne pas réduire un argument aussi complexe aux bien tristes interviews de Sergio Segio et aux sordides invectives de Mario Pirani, sans parler des lettres que vous choisissez de publier. A Pirani, à qui tiennent tant à cœur les « valeurs de la justice formelle »  (Pirani est un ex des Brigades Rouges, un crétin d’hier et d’aujourd’hui, voir l’article du 9 septembre), je voudrais rappeler ce que disaitt Lelio Basso, (qui s’y connaissait en tribunaux spéciaux) à propos de la loi Reale : que celle-ci s’inscrit « dans une conception typique du fascisme et du code Rocco ». Dommage qu’il ait disparu. Peut-être que Pirani lui aurait intenté un procès pour apologie de crimes, ou soutien à groupement subversif. Enfin, après cinq ou six ans de détention préventive, comme d’habitude.

Cordiales salutations.

Dr Roberto De Caro
Directeur de Hortus Musicus
Piazza di Porta Ravegnana 1
40126 Bologne

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