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ViaLibre5 à la rencontre d'univers en liberté ? |
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Réponses
à François Busnel, directeur de la rédaction
du magazine Lire
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| L'APPEL
: Cher(es) ami(e)s, Voici en
pièce jointe l'article stupéfiant de François
Busnel, nouveau Directeur du magazine Lire, qui vient de paraître
cette semaine. L'idée assez bonne, si chacun en a le temps
et le courage, serait d'envoyer des lettres de réponse à
ce truc révoltant. Ce serait pas mal que "Lire" reçoive
des centaines de lettres de protestation, non ??? C'est juste
une suggestion, en toute liberté bien sûr ! Claude
Mesplède (pour le Comité de soutien de Toulouse) et
Fred Vargas (pour LE TEXTE
DE FRANCOIS BUSNEL : LES REPONSES : REPONSE
de Bernard Pasobrola à François Busnel : «
Depuis quand un romancier, du seul fait qu'il publie des livres, est-il
au-dessus de la loi ? Un président de la République
française (Mitterrand) peut-il engager la parole du pays dont
il a reçu la charge afin de protéger d'anciens criminels
d'extrême gauche ? » François
Busnel, Lire, mars 04 «
Battisti est devenu un intello, donc il est intouchable. Ce n'est
pas la meilleure façon de défendre une profession souvent
méprisée par les politiques. » Je vous
cite et réponds dans une autre couleur... Vous trouverez ici
plein de fautes d'orthographes, de grammaire, d'inversions ou autres
: qui manifestent que je ne suis pas un exemple intellectuel mais
d'engagement citoyen envers et contre tout. Pardon
: Voltaire ne vous appartient pas. Il appartient à tout le
monde. En matière de déontologie et de dossier, vous
vous placez du mauvais côté de l'affaire Callas. Vous
devez parler de vous ?- être fou consiste précisément
à ignorer que les autres ne le soient pas... Ah bon ? cela comprend quels corps de métier,"intellectuel" - vous allez d'ajusteur dans la métallurgie de transformation (il en reste dans des entreprises régionales) à professeur titulaire d'une chaire au collège de France ? Parce qu'il y avait de la diversité dans le groupe sur la place, ce jour là... (j'oubliais que vous avez fait votre enquête par téléphone - du moins je l'espère, sinon vous seriez de surcroit aveugle, sourd ou muet ? Je veux dire que si vous y étiez, vous n'auriez donc parlé à personne ?) Quelques anarchistes prolos restaient là parmi les autres qui ne l'étaient pas davantage mais sans intellectualisme...
Pardon : personne ni aucune organisation n'avait apppelé à une manifestation de masse, il s'agissait d'un rassemblement dans le cadre d'appel d'une liste de soutien - au-delà d'une cinquantaire de personnes, plus près de 100, donc : avouez que ce fut par conséquent un joli résultat... en effet, ceux qui se trouvaient dehors accompagnaient des élus de la ville de Paris portant l'écharpe officielle, et le double à plus se trouvait à l'intérieur du Palais de justice dans le couloir de la chambre de l'instruction : vous ne vous êtes donc pas donné l'effort d'aller jusque là ? vraiment ? je vous le dis, ou nous ne nous sommes pas trouvés dans le même événement, ou décidément vous avez vraiment fait votre enquête par téléphone, ou vous étiez caché derrière un paravent du bistrot le plus proche - Albert Londres, Henri Calet, Joseph Kessel, sortez de vos tombes pour soutenir Voltaire ! - je vous resitue ici dans le cadre éthique du journalisme moderne qui a levé les plus grands scandales aux Etats-Unis ou l'affaire Ben Barka en France, vous voyez ? il y a quelques semaines, à battre le pavé par un froid glacial, banderoles et fume-cigarette à la main, Fumer en filtrant ses cigarettes par l'intermédiaire d'un fume-cigarette et pour s'éviter un cancer des lèvres : en quoi cela caractériserait-il l'impossibilité d'une pertinence sur les questions citoyennes ? Pour ma part je ne fume pas, donc je ne me sens guère concernée, mais tenant à vous dire que je ne vous autorise donc pas à parler de ce groupe sous de telles descriptions comme elles ne pourraient rendre compte de ceux qui s'y trouvaient ensemble. A moins que vous ne pensiez au seul signe médiatique d'une personne qui en ferait pour vous son style ? Dans ce cas nommez-la s'il vous plait et nous verrons ce que suppose d'invouable de votre part ce genre de rermarque : seriez-vous jaloux devant de telles carrières - qui vous dépassent de loin en âge en cru, en expérience ? Et puis,nous verrons bien de plus si les fume-cigarettes s'y trouvaient, moi-même ne les ayant pas remarqués - vous parlez des signataires peut-être mais dans ce cas ne mélangez pas. exigeant la libération dun romancier emprisonné en France le 10 février et menacé dextradition vers lItalie. Cesare Battisti, ancien responsable des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), fut condamné par la justice italienne en 1988 pour deux meurtres quil nie association de malfaiteurs et autres violences quil revendique et dont il se déclare « fier ». Non, non : il s'agit maintenant d'aute chose, je veux dire que vous ne savez pas ce que vous écrivez ; en effet - à toute logique bon entendement - on ne pourrait nier un crime tout en affichant d'en être fier - à moins que vous ne fassiez partie de la cour de père Ubu. Quant aux crimes furent-ils commis cela ne changerait rien : il y a dans la lutte armée en italie à l'époque desz quesitons de l'ordre de l'insoumission devant l'infamie que furent les grands attentas de Milan et de Bologne, la répression des anarchistes, de brigadistes dans leurs lits par la police se privant de la justice.. Il est, depuis, en cavale. Non, non : Battisti vit en France sous le statut de réfugié politique dans un cadre contractuel avec l'Etat Français : en outre de son accord avec le président de la République Mitterand, comme tous les autres réfugiés Italiens de cette époque, c'est le chef du second gouvernement de la cohabitation, monsieur Jupé lui-même, en accord avec son chef de parti que fut alors monsieur Chirac et lequel ne pourrait donc se contredire à titre personnel en outre de devoir assurer la crédibilité de sa succession présidentielle sous la mêmem constitution, qui lui a attribué une carte de séjour pour dix ans. Depuis tout ce temps, Battisti a toujours tenu un domicile fixe un statut social professionnel et publie chez des éditeurs officiels qui n'ont rien à justifier de leur représentativité face à "Lire", quand il s'agit de Gallimard ou de Fayard-Pauvert pour ne citer qu'eux... Encore une fois : seriez-vous jaloux de la Noire - celle qu'on traduit à l'étranger sans tarder ? Et a trouvé refuge à Paris. Par hasard ? Trois ans plus tôt, François Mitterrand avait engagé la parole de la France et affirmé quaucun activiste italien ayant rompu avec son passé ne serait extradé. Les avocats ont expliqué à la Presse qu'il s'agissait là non d'une mesure arbitraire mais d'une proposition locale contribuant à la naissance du cadre Européen au voisinage de l'anniversaire de 89 (j'ajoute : en attente de constitution, donc de réalité constitutionnelle de la démocratie - nous l'attendons toujours, vous ferai-je remarquer), pour une intégration éthique de l'Italie au sortir d'une guerre civile larvaire où l'Etat lui-même avait pu être mis en cause : notamment sa police et son armée aux côtés de l'Opus Dei - la loge P2 - et des organisations d'extrême droite, dans les grands attentats de Bologne et de Milan (plus de morts sur trois attentats qu'il n'en fut en Espagne avec les dix bombes simultanées), et d'autre part la question de l'intrication mafieuse dans toutes les structures de l'Etat, au moment du grand deal des déchets nucléaires vers l'Italie du Sud. Relisez l'histoire et revoyez les oeuvres cinématographiques qui précédèrent et accompagnèrent la montée de la lutte armée de la totalité des organisations révolutionnaires ou syndicales radicales en Italie, car il n'y eut pas que les Brigadistes ou le PAC ! La plus grande part de la criminalité ne revient évidemment pas à l'extrême gauche loin de là, si vous voulez vraiment compter (merci devous en donner la peine jusqu'au bout). En cas d'insoumission devant l'infamie certes il arrive que le crime réponde aux crimes : les guerres civiles ne sont jamais reluisantes en fut-il d'historiquement victorieuses pour les libertés (la Résistance Française du moins fit-elle sauter des trains) ou pour les dictatures (l'URSS, l'Espagne: vous voyez, je les mets au fond du même panier, non quant aux objectifs et au projet mais quant aux moyens - puisque nous en sommes à compter les morts respectifs du putsch et de l'utopie). La question était qu'ensuite il revenait à L'italie de faire sa réforme d'amnistie ce qui n'eut jamais lieu, bien au contraire ; les alliances se renforcèrent vers ceux qui étaient à l'origine de l'incroyable criminalité contre l'Etat Italien et contre la citoyenneté critique que furent la dernière année 60 et le début des années 70. Ajoutez des morts isolés - en outre des anarchistes pacifistes et des brigadistes pendant leur sommeil après des aveux de repentis, l'éditeur Feltrinelli qui était devenu clandestin pour se protéger devant les menaces, retrouvé mort le corps travesti en parachustiste au pied d'un pylone électique de circonstance, et Pasolini, insoumis et ancien communiste dissident, dont le meurtre scénographié dans un rituel homosexuel sado-masochiste - auquel il était réputé être exposé pour quiconque aurait connu son oeuvre, ce qui rendait le meurtre d'autant plus crédible en milieux populistes sous l'empire de la Presse - fut secrètement manipulé et payé en amont dit-on dernièrement, à l'occasion de l'anniversaire de son oeuvre. Ce qui pose véritablement problème, dans cette affaire, ce sont les circonstances de larrestation et les conditions de lextradition bien plus que larrestation elle-même. Les affaires de l'Italie ne vous regardent pas, cela s'appelle de l'ingérence - même en collaboration : avez-vous jamais lu que Pétain se fut permis de donner des conseils aux Nazis pour mieux torturer les criminels qu'étaient à leurs yeux les Résistants ? Non : les milices françaises firent elles-mêmes un sacré boulot ! Vous voyez, j'en viens même à imaginer que vous oeuvriez en media sous une admiration sans borne pour une défaillante démocratie transalpine... Mais je vous espère tout de même loin de là : dans ce cas n'y voyez qu'un retournement ironique pour révéler l'abbsurdité de votre argumentation pouvant aussi bien signifier son contraire... Nous, défendant le cas des réfugiés Italiens, nous restons dans le droit français, notre propre affaire de référence symbolique citoyenne, locale - en globalité Européenne telle qu'elle n'a pas de constitution la célébrant en démocratie plutôt qu'en oligarchie, - un parlement élu ne suffit pas à faire le poids face à la commission et à la banque européennes - quelques soient les nouvelles lois adoptées, l'Europe snas constitution demeurera en contradiction avec les constitutions locales non prescrites, et nous, nous ferons en droit d'exiger l'application de nos propres droits et devoirs. Faire croire quil sagit dune coïncidence (selon le garde des sceaux, Battisti aurait été interpellé à la suite dune menace de mort proférée contre un de ses voisins et cest à cette occasion que les policiers examinant le fichier Schengen, se seraient aperçus quil faisait lobjet dune demande dextradition) relève de la mascarade, Ah ! merci du peu ! Pourtant permettez-moi de relever cette nouvelle contradction de votre ton : comment pourriez vous discréditer cette manoeuvre, en dénonçant la mascarade, tout ayant écrit juste avant qu'il put être en cavale (pas le ministre bien sûr).... Quant au ministre, je ne serais pas fière devant mon avenir d'avoir comme lui fait voter une loi d'exception dans un Etat régi par la constitution de la cinquième république qui n'a pas cessé son cours d'Etat de droit. En effet, pour promulguer une loi d'exception de la justice il aurait convenu d'avoir préalablement entendu le Chef annoncer publiquement qu'il prenait tous les pouvoirs d'une part et par conséquent, pour déclarer l'Etat d'exception d'autre part. Au défaut de quoi nous nous trouvons toujours dans un Etat de droit - qui ne pourrait donc admettre des lois d'exception (la loi Perben est une loi d'exception à plus d'un titre mais notamment dans l'intégration de la loi italienne à la loi française sur les repentis - ce qui est totalement inacceptable dans un Etat qui respecte l'individu sous le registre des droits de l'homme), qu'elles soient votées ou pas par la Chambre. Permettez-moi de dire que pour un ministre déjà peu scrupuleux de désinformer (vous le mentionnez), il soit bien léger de s'afficher si volontariste au point de bafouer le droit constitutionnel qui gère la hiérarchie des personnalités au pouvoir et des tâches - et aurait-il reçu conseil de plus haut, secrètement : il aurait du exiger une couverture publique, c'est certain ! En cette affaire des italiens réfugiés c'est donc TRES CLAIREMENT de notre droit français qu'il s'agit : on avance Battisti et l'ancien activisme armé des militants italiens (aujourd'hui prescrit par leurs propres actes par ex en France), pour justifier des lois infondées par la constitution. Il s'agit de notre propre citoyenneté en cause dans une perte des droits qui affecte toute la société civile française dans son identification culturelle politique et sociale. mais défiler à grands cris et réclamer sa libération témoigne daveuglement. Comment des intellectuels peuvent-ils se laisser happer par un tel poujadisme ? Le poujadisme ce n'est pas de se battre sur des questions de principe quant aux libertés citoyennes c'est agir la lutte professionnelle sans référence au code éthique citoyen le plus large - vous ne devez pas connaître votre histoire : le devoir d'iunsoumission, le droit d'asile, l'amnistie, l'autonomie furent les quatre points par lesquels de Gaulle par trois fois put intervenir contre un gouvernement en place et lui-même gouverner même autoritairement sans être un dictateur, et rétablir la paix civile ! Depuis quand un romancier, du seul fait quil publie des livres, est-il au-dessus de la loi ? Tous les réfugiés italiens ne sont pas romanciers : vous désinformez. Que ces derniers profitent de ce statut de l'un des leurs pour communiquer leur cause dans une Presse généralement aveugle à tout ce qui est en dehors d'une représentation culturelle ou médiatique paraît au contraire solidaire et honorable pour Battisti et ses défenseurs. Enfin, Battisti ne se défend pas ni n'est défendu au-dessus des lois mais bien au contraire dans le cadre d'une exigence de l'application de la loi française : tant celle qui le contient dans son propre statut sous un accord officiel, que celle de la parole éthique dfes juges sur laquelle il ne peut être revenu une fois la procédure et les appels déjà effectués et jugés. Vous traitez les jugescomme des clowns : après unministre qui bafoue le droit constitutionnel vopici des journalistes qui bafouent les juges : transgression de toutes les barrières du droit dans un Etat qui demeure en devoir républicain. Un président de la République française (Mitterrand) peut-il engager la parole du pays dont il a reçu la charge afin de protéger danciens criminels dextrême gauche ? Oh là
comme vous vous répétez faisons notre propre canon,
comme on dit dans les chorales de patronnage : Il eût été bon que notre élite réponde dabord à ces questions Elle y a répondu par ses différentes lettres, et par la voie des avocats. avant de se lancer dans cette piètre croisade. En confondant le fond et la forme (sans jamais, du reste, évoquer les qualités littéraires du romancier embastillé) ils donnent raison à ceux qui pensent que la France tombe. Non : là je crois que vous confondez les formes avec la Presse... et il n'y a pas de France qui tombe mais de France qui pourrait trahir et qui ne le doit pas - ce que nous voulons empêcher car la France nous y croyons donc plus que vous ! vous ne savez pas ce qui la constitue symboliquement, si vous ignorez le devoir d'insoumission imprescriptible dans la citoyenneté française de la Resistance et des Justes face aux Nazis. L'Italie de la fin des années 60 et au début 70 fut celle de l'infamie pour la démocratie italienne : encore une fois vous paraissez loin de toute information rétrospective : vous ne decvriez pas être aussi paresseux avant d'affirmer votre opinion. Vous ne faites pas sérieux. C'est ça le journalisme ?
Il faut savoir, vous parliez du peu et maintenant de la foule ! L'armgumentation pour défendre Battisti devant l'opinion a été claire et précise, en aucun cas manipulatrice : ceux qui ont signé savent ce qu'ils ont signé (plus de 20 000) chacun de ceux qui ont proposé la pétition ont été interpellés par mail et ont répondu ; nombre de signatures ne se sont déterminées qu'après des explications réellement civiques comme on n'en n'avait pas entendu depuis très longtemps. Cela à élevé la question de la démocratie Européenne, du respect des autonomies en démocratie Européenne et d'autant plus en l'absence d'une constitution appliquée par la communauté, etc... Du seul fait des défenseurs de Battisti un niveau de débat politique élevé s'est effectué dans les coulisses de la Presse et parfois tout de même dans certains journaux (heureusement) mais sans entrer dans la campagne électorale ce qui est exceptionnellement intègre dans de telles périodes... Les avocats ont révélé les différences culturelles des journalistes internationaux lors de la conférence à l'Olympic : c'était franchement héroïque et rspectueux de leur part d'expliquer la consistance de notre propre droit et la question qu'hélas, dans cette affaire, il ne s'agit pas de la question de la vérité sur le crime : les aveux des repentis dont certains torturés (il y a eu plusieurs remontrances de la cour Européenne au gouvernement italien à ce sujet) ou achetés par leur remise de peine ne sont pas dignes de foi - et surtout pouvant s'agir de criminels eux-mêmes - et de plus : tous les autres sont restés solidaires. Battisti lui-même s'il a totalement rompu avec la violence n'a pas à devenir délateur des es anciens amis. En tant que chef des PAC il a certainemeny donné des ordres, voir commis des actes terribles lui-même - ce qui n'est pas prouvé pour des assassinats mais la preuve contraire n'infirmerait pas la question de droit qui se pose à nous. Cela était possiblement contenu dans le statut qui lui a été accordé par Mitterrand et Jupé - sous la bienveillance de Chirac - puisque onlui denandait de "rompre avec la violence" ! personne n'a imaginé un instant que les réfugiés italiens furent des enfants de choeur !!! De nouveau je vous renvoie au contexte de guerre civile larvaire en italie à l'époque, si vous voulez comprendre. Naviguez sur Internet et vous trouverez d'excellentes informations. Le droit d'asile relève le devoir d'insoumission (ce droit est toujours subjectif selon le camp où l'on se trouve et c'est bien ce paradoxe que traite le principe non pénal mais politique d'amnistie, afin que la paix civile puisse succéder à de telles déchirures: l'amnistie est pour les deux camps. Revoyez notre propre histoire moderne et post-moderne). Si l'Italie amnistie les responsables de l'attentat de la banque de l'agriculture de Milan : que n'amnistie t'elle pas ceux qui ont répondu face à de telles situations ? C'est le droit de l'Italie de faire chez elle comme elle l'entend dès lors qu'il n'existe pas de constitution européenne : mais c'est notre devoir de faire ici comme notre loi et nos traditions propres l'entendent - pour protéger nos propres lois et nos propres droits - le mien, le vôtre. Ne pas défendre les Italiens c'est subir l'ingérence de l'Italie dans nos affaires. Vous trouvez que les nôtres ne sont pas assez compliquées comme ça par les temps qui courent ? A l'époque, l'Italie a pu remercier Mitterrand de proposer la solution honorable de l'exil des anciens militants d'extrême gauche qui avaient réussi à s'échapper... Dans le cadre de la célébration des Lumières, c'était ouvrir l'Europe au plus grand équilibre sans ingérence. Defendre les Italiens en France est non seulement légitime au vu de notre histoire, et à apprécier la situation italienne actuelle, mais de plus devant en agir un garde-fou dans le cadre européen toujours en attente de démocratie constitutionnelle - figée sous la présidence européenne de Berlusconi, souvenez-vous, et qui n'a pas repris depuis... C'est donc aussi un principe élevé de vision de l'Europe encore inachevée. et la bien-pensance. Encore un contresens de votre article ; puisque vous nous mettiez dans le camp du mal qui défend donc un criminel potentiel - puis de la bêtise panurgique : or si la mal pensance devient la bien pensance : où en êtes-vous de votre côté ? expliquez-moi : je n'en vois pas l'objet sensé apparaître au cours de votre développement. Affirmer quun homme peut échapper à la justice parce quil est devenu romancier relève de lescroquerie intellectuelle pure et simple. Faut-il rappeler que durant les « années de plomb » Battisti ne combattait pas une dictature mais une démocratie ? Oh là là ! Une démocratie aussi faible que celle de Weimar mais moins belle avouez-le or les temps ne sont plus à Hitler - c'était en italie des années 80 le temps de la pensée molle "debile" comme ils disaient là-bas... et en politique de l'Etat après le décès des juges héroïques oprenant sur eux de régler la quesiton de la mafia - aujorud'hui elle est yougoslave avec vctoyenneté italienne - tout sous le manteau rien sur la peau : double jeu triple jeu... seulement Berlusconi n'était rien que Citizen Kane secourable (rattaché à la loge P2 lui-même et payant les ligues fascistes qu'il s'associe pour les faire taire) en moins séduisant, qui paye de sa poche le voyage du représentant américain, car il trouve l'Etat qu'il gouverne trop minable pour l'assumer - tiens au fait : qu'a-t'il donc bien pu promettre à nos propres représentants pour tant d'échange diligent ? Cela ne vous serait-il pas venu à l'esprit ? Et vous ça ne vous pose pas de problème que l'Europe ait pu être représentée à la tournante sans élection par un président comme Berlusconi, qui a contribué à figer la constitution à l'oeuvre de son étude d'application ? ça vous rassure ? Une démocratie perfectible, mais une démocratie quand même. Au moment où Battisti luttait, les armes à la main, contre la démocratie italienne, Gao Xingjian, lui, se battait, plume au poing, contre la dictature chinoise. oh oh oh ! Poudre aux yeux !!!! voyez donc plutôt à veiller sur propre république en démocratie européenne potentielle mais non ouvrable à ce jour, aimeriez-vous voyager, n'en faites pas un cas de fugue accompagnant votre pompe désinformante. Cela ne cache en rien le fond de votre position - mais certes on peut se tromper et il est toujours respectable de pouvoir le reconnaître et le dire. Est-ce un espoir de vous découvrir sous un autre jour pour nous ? Les risques étaient autrement plus grands. Aucun des « intellectuels » qui hurlent à la trahison de la France (forcément « moisie » c'est vous qui le dites : moi je reste à avoir une haute idée de mon pays - c'est pourquoi le soutenir dans son intelligence et sa justice non dans ses défaillances me paraît prioritaire) na pris la peine de descendre dans la rue pour rompre le silence dont les officiels de la culture entendent parer le prix Nobel chinois de littérature lors du Salon du livre. En plus d'avoir l'air bébête (ou manipulateur - à vous de choisir) et arrogant : vous méritez des baffes là (pardon je suis grand-mère et restant parmi ceux estimant qu'une petite claque sur les fesses pour prescrire des bêtises vaut parfois mieux que des sermons pour culpabiliser les enfants - le petit fouet c pas pour les chiens - dit Lou Salomé dans la botte de Voltaire). Cet égarement survient alors quune poignée dentre eux sauto proclame « parti de lintelligence », cest le signe dune nouvelle trahison des clercs. Il n'y a pas de parti de l'intelligence : le parti contre la guerre à l'intelligence n'a pas signé (sinon en de rares noms) la pétition pour Battisti, que comme vous ils considèrent mauvais... C'est même un problème de la mobilisation de rue impossible sur l'affaire des italiens actuellement, quand chacun va à son combat corporatiste en période électorale... Je vous conseille de visualiser le profil des signataires de la pétition pour voir que les intellectuels ne la constituent pas en majorité bien au contraire, les anciens amis des Italiens ne trouvent plus la cause de ces anciens militant ni assez d'actualité ni assez radicale aujourd'hui, puisqu'ils ont changé de point de vue sur leurs anciennes pratiques ! Il est même des signataires illustres de la pétition pour Battisti qui n'ont pas signé la pétition contre la guerre à l'intelligence - et en exprimant leur réserve sur la localisation du camp de l'intelligence... merci de remettre les pendules à l'heure sur le fait qu'amalgamer après voir désinformé commence à ressembler à la parfaite panolie de la manipulation de l'opinion par voie de media. Depuis le 3 mars, Battisti a été relâché ; la ville de Paris lui a offert sa « protection » - comme elle loffrit naguère à Picasso. Oui merci à la mairie de l'accompagner pointer au commissariat de police et pour éviter les emportements et les provocations dangereuses chaque semaine (y aviez-vous pensé quand reconnaissant les arguments spécieux du mnisitre vous ne vous inquiétez même pas sur l'Etat de droit ?) Gao, lui, nest toujours pas retourné en Chine ; les villes de Paris et Marseille savent-elles quil partage son temps entre elles ? (voir lunivers dun écrivain, p.52, et la chronique de F. Beigbeder, p.95). Les intellectuels ont trop souvent été utiles, nous en avons trop besoin aujourdhui pour les laisser galvauder lidée dengagement. OUI : qu'attendez-vous pour donner une énergie positive à l'affaire des réugiés italiens afin de défendre le principe inaliénable du droit d'asile ? passée la limite une seule fois, plus jamais elle n'existera autrement que dans un dispositif ubuesque et l'arbitraire des opportunismes circonstanciels.
Oui
reviens : les journalistes ne savent plus ce qu'ils disent ! Certains journalistes sont l'objet du pouvoir non de la pensée critique. Le retour des journalistes impertinents et héroïques se fera-t'il jamais ? Autre temps ? pensez-vous
que vous pourriez donner réparation aux réfugiés
italiens à travers Battisti devant une justice inique dans
leur pays et que la nôtre refuse de cloner ? REPONSE
de Marie-Christiane Arnaud à François Busnel : -------------------------------------------------------------------------------------- Jai pour principe de ne jamais répondre aux médiocres, aux frustrés et aux minables. Mais votre éditorial-torchon dans « Lire » contre Cesare Battisti, digne de « Gringoire » ou de « Je suis partout », est absolument grotesque, indigne, insupportable et abject. Vous ne connaissez rien de cette affaire. Vous vous contentez, avec arrogance, daligner mensonges et contre vérités.. Sans la moindre preuve. Vous salissez Cesare Battisti, vous salissez ceux qui le défendent et vous vous salissez vous-même. Voltaire (derrière lequel vous vous cachez piteusement) aurait honte de vous.
Olivier Douyère (scénariste et romancier)
PS. Vous avez perdu un fidèle lecteur. Je vous rappelle que la pétition en faveur de Cesare Battisti a dépassé les 25. 000 signataires, regroupant toutes classes sociales, toutes professions et toutes régions
(Pas la peine de me répondre : votre courrier est déjà « indésirable »).
------------------------------------------------------------------------------------------------------ REPONSE
de la Salle 101 à François Busnel : Bonjour
François, Si tu le
permets, on se tutoie d'emblée, c'est la règle chez
les intellectuels parisiens. Et puis nous aussi nous sommes journalistes,
coco, d'où un corporatisme de bon aloi qui te fera nous pardonner
(j'espère) cette familiarité somme toute franche et
virile. Après
tout, nous sommes journalistes, qui plus est journalistes littéraires,
ce qui nous autorise à parler des bouquins et des auteurs que
nous n'avons pas lu, n'est-ce pas ? Et puis comme nous sommes journalistes,
nous avons le droit de parler des choses que nous ne connaissons pas,
c'est quand même notre boulot. D'ailleurs, renchérissons
en précisant que nous avons même le DEVOIR de parler
des choses dont nous ignorons tout. Il sufit juste de prétendre,
de mentir, d'avancer, de supposer... Il y aura bien quelque chose
de vrai dans tout ça, non ? Très
cordialement, et dans un esprit de partage des informations [ une
attitude noble que l'on pratique souvent entre journalistes - mais
moins depuis que les journaux sont des entreprises , il est vrai -
], nous te proposons les dernières évolutions concernant
l'affaire Battisti: - Cesare
Battisti n'est pas écrivain. Il paye des nègres pour
écrire sous son nom des polars d'une très faible qualité
littéraire. Et ce UNIQUEMENT dans le but d'échapper
à la justice, partant du principe que l'on pardonne plus facilement
un tueur écrivain qu'un tueur bolchévique pilleur de
tombes et mangeur d'enfants. - Cesare
Battisti couche avec Philippe Sollers. Rumeur fausse, attention. Philippe
Sollers aimerait bien, dans la mesure où il n'a de cesse de
se faire passer pour un authentique révolutionnaire, et que
la défense de Loana dans les pages du brûlot gauchiste
"Le journal du dimanche" ne lui a jamais été
pardonné, mais Battisti n'a pas l'air de vouloir. De fait,
nous te rejoignons ici sur le principe "Un Sollers, Deux claques",
mais nous te mettons en garde contre les dangereux amalgames. le cancéreux
Sollers n'est pas représentatif des gens qui soutiennent le
Himmler italien Battisti. Ne te trompe pas de cible. Si tu v eux cracher
sur Sollers, fais-le, mais fiche la paix à ceux qui évoluent
sur une autre échelle que votre pitoyable gueguerre d'écoliers. - Cesare
Battisti reçoit des caisses d'or de Moscou chaque semaine.
C'est vrai. Comme Alain Juppé, d'ailleurs. Comme tout le monde
d'ailleurs. Voilà au moins une info qu'on peut divulguer sans
risque. - Cesare
battisti est une femme. Hypothèse audacieuse, qu'il va falloir
étayer. Peut-être qu'on pourrait mettre cette information
en relation avec Nathalie Ménigon, tu sais, la fille à
moitié folle et hémiplégique qui crève
en prison, bien fait pour elle, salope de terroriste. Tout ça
pour dire que tu as bien raison de râler contre Battisti, mais
que tu manques encore de méthode. Les calomnies, ça
se travaille, c'est du boulot, ça ne vient pas comme ça.
On voit que tu débutes. En fait,
dans ton article, tu commets une erreur. Tu n'aimes pas les intellectuels
parisiens, et tu as d'ailleurs bien raison, mais pourquoi ne pas te
contenter d'admettre que cette haine n'est rien d'autre que de l'amour
contrarié ? Tu aimerais bien être un intellectuel parisien,
mais personne ne veut de toi, mon pauvre François, d'où
la bile déversée sur une affaire dont tu ignores tout
et dont tu te sers comme prétexte. Admets-le. C'est dommage, et pour tout dire, c'est même assez ridicule. En fait, c'est tellement ridicule que c'en est presque risible. François, reprend toi, relis-donc Voltaire (Candide, tout particulièrement, tu sais, celui que tu n'as pas pu finir en quatrième, parce que c'était trop ennuyeux) et par pitié, cesse d'écrire des conneries. D'autant que si tu fais amende honorable, je suis sûr que les intellectueles parisiens voudront bien d'accueillir en leur douillet sein. En espérant
d'avoir été utile, confraternellement, Pour la
Salle 101. Raoul et Alfred Abdaloff. SALLE 101
L'émission science-fictionnesque. Posté
sur le forum du site www.lire.fr REPONSE
de Mouloud Akkouche à F. Busnel :
N'étant ni un intellectuel sans filtre ou avec filtre, je crois néanmoins que vous ne devriez pas déranger Voltaire pour vos péroraisons germano-pratines. Gosse, ce type là m'a appris beaucoup de choses très utiles pour mon jardin... Du haut de votre chaire éditoriale, vous balancez sur un homme qui, après s'être battu pour des idées durant une époque de '' mini guerre civile '' n'ayant rien à voir avec les événements de 68 en France, a largement payé sa dette à la société avec plusieurs années de prison et continue de vivre dans la pire des geôles: l'exil. Au fait: avez-vous déjà goûté aux joies de l'exil et de la trouille au ventre en entendant des pas dans l'escalier ? Essayez, ça donnera sans doute un peu plus de chair à vos mots et une petite dose d'empathie à délayer dans vos certitudes. Peut-importe que Cesare Battisti soit écrivain ou plombier, mais le fait d'être auteur ne doit pas non plus le handicaper comme vous semblez le souhaiter. Contrairement à ce que vous pensez, les milliers de signataires de la pétition ne sont pas des bobos avec ou sans fume cigarettes; anonymes de toutes les régions, ils veulent juste que la parole de la patrie de Voltaire ne soit pas bafouée et la justice respectée. Quant au poujadisme dont vous parlez, je pense que vous devriez balayer tout d'abord devant votre propre clavier. Votre éditorial sent le règlement de comptes à usage interne; l'affaire Battisti n'apparaît que comme un prétexte pour vous permettre de déboulonner unetelle ou untel. Si vous éprouvez une certaine acrimonie peut-être légitime par ailleurs contre des personnes précises, ne vous trompez pas et plantez votre plume dans la bonne cible. Concernant les années de plomb qui ont été une période certes très troublée, je crois qu'il faudrait peut-être laisser l'inconscient collectif italien effectuer sa propre digestion comme la France avec la guerre d'Algérie. Malheureusement avec Berlusconi, l' histoire dégueule plus qu'elle ne digère... Accepteriez-vous qu'on revienne sur l'abolition de la peine de mort en France initiée par Mitterrand ? Je ne crois pas. Pourquoi voudriez-vous donc qu'un homme soit jugé deux fois pour les mêmes faits alors que c'est illégal ? Notre combat se limite simplement au respect de la parole donnée au nom du peuple français tout entier ( pas que les gens du 7ème arrondissement de Paris) et de la justice.
Un ami de Voltaire.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les intellectuels manifestent. Ils étaient une petite trentaine, il y a quelques semaines à battre le pavé par un froid glacial, banderoles et fume cigarette à la main. Cest ainsi que François Busnel, directeur de la rédaction de Lire entame son article (n° davril) consacré à la manifestation de soutien à Cesare Battisti devant la prison de la Santé. Je tiens dabord à préciser que nous étions, même daprès la police, au moins deux cents. Pas tous armés, il est vrai, de notoriété intellectuelle et de fume cigarette. Mais, peut-être, pour M. Busnel ceux qui nont pas droit de cité dans les colonnes des magazines culturels sont-ils quantités négligeables ? On voit là une forme de mépris pour « la France den bas » qui vient dêtre sanctionné par les urnes et pas seulement dans le 6eme arrondissement de Paris ce repaire dintellectuels poujadistes. « Depuis quand un romancier, du seul fait quil publie des livres, est-il au dessus de la loi ? » sinsurge t-il avant dajouter quelques lignes plus loin que personne na jamais évoqué « les qualités littéraires du romancier embastillé ». Est-ce à dire que si Cesare Battisti avait eu les honneurs des colonnes de Lire il eut-été plus défendable, moins coupable ? On peut se le demander. Mais pas longtemps : ce nest quun auteur de romans noirs ! Un genre mineur, largement méprisé par les intellectuels, fussent-ils de gauche, littérature de gare, puis de plage à laquelle on consacre un cahier dété entre deux pages de pub. Comparer la situation de Gao Xinjiang et celle de C. Battisti tient soit de linintelligence totale des situations, soit de la malhonnêteté intellectuelle avérée. Gao ne peut pas retourner en Chine mais il est libre en France. Cesare Battisti, sil est renvoyé en Italie, y finira sa vie enfermée dans un cube de béton sans aucun espoir de recours. Le concept de « démocratie perfectible » invoqué par M. Busnel devrait certainement faire rire lécrivain chinois (français ?) qui découvrirait ainsi que son (ex) pays entre dans cette catégorie à géométrie variable. Cesare Battisti a été condamné par des tribunaux qui ne sont pas, au sens propre du terme, des tribunaux dexceptions mais qui ont fonctionné dune manière exceptionnelle pendant et après « les années de plomb ». Ces juridictions ont condamné des centaines de personnes à des peines de perpétuité et des milliers dautres à des dizaines dannées de prison sur la foi de témoignages de « repentis ». Dans le même temps, ces tribunaux viennent dacquitter pour « manque de preuves » les auteurs des attentats de la Piazza Fontana, attentats aveugles qui comme ceux de la gare de Bologne et de Milan furent à lépoque attribués aux extrémistes de gauche alors quils ont été commis par des groupuscules néo-fascistes. Démocratie perfectible ? LItalie dans ces années là était gouvernée en sous main par la loge P2, ou lon retrouvait industriels, politiciens, agents des services secrets, militaires et mafiosi soutenus par les américains ( Programme Gladio) et tous unis dans la lutte contre « la subversion communiste ». Ces gens là sont aujourdhui au pouvoir et ils sont animés par un tenace désir de vengeance. . Alors que C. Battisti va comparaître le 7 avril devant la Cour DAppel de Paris qui statuera sur son éventuelle extradition, ce mouvement spontanément organisé est présenté par certains comme la dernière cause à la mode. Au delà du cas de Battisti et de celui des autres réfugiés politiques italiens, se pose la simple question de savoir si la liberté peut être une marchandise. A lévidence, cest une question qui nous concerne tous. Pas besoin dêtre un intellectuel pour se la poser et surtout pour y répondre. Jean-Claude Lecoq
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Monsieur, Je ne crois pas être la seule à avoir été outrée par les propos tenus par François Busnel dans « Lire » à propos de Cesare Battisti. Busnel me fait exactement penser aux politiciens de droite qui, face à leur défaite, ont traité la majorité des français de cons. Il a sans doute voulu se rendre intéressant en prenant le contre-pied de la majorité des écrivains, mais il na réussi quà se rendre ridicule en sattaquant à un sujet que, visiblement, il connaît très mal. François Busnel ne remet absolument pas les choses dans leur contexte et ce nest pas parce que « Battisti est romancier quil peut échapper à la justice » comme il lécrit. Mais bien parce quen 1991, la Cour dappel avait rendu un avis défavorable à lextradition de Battisti. En-dehors de bafouer la décision de Mitterrand, cest aussi une trahison vis-à-vis de lengagement de lEtat sur la politique dasile de la France. Je voudrais rappeler également à ce monsieur que les condamnations ne sont pas libres de recours en Italie puisquelles ont été prononcées par contumace en labsence des inculpés. Quand on veut faire le malin, il vaut mieux savoir de quoi on parle. Si, comme il le dit, les défenseurs de Césare Battisti dont je fais partie- se proclament « parti de lintelligence » (ce que nous navons jamais revendiqué, nous bornant simplement à défendre un homme que nous estimons au-delà de lécrivain, pour ses qualités humaines), François Busnel, lui, fait partie des imbéciles. Et je pense que Voltaire aurait été daccord avec moi. Je suggère à monsieur Busnel, daller faire du jardinage plutôt que de sévir dans le journalisme.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- REPONSE DE LA LIBRAIRIE LES SANDALES D'EMPEDOCLE (BESANCON) A F. BUSNEL :
Désabonnement Monsieur, Quelques
pages plus loin, vous en appelez à Voltaire, sans
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- REPONSE DE CHRISTINE VAN DE PUTTE A F. BUSNEL A François Busnel qui soutient à fond François-Marie Arouet, dit Voltaire Comme les
sbires des dirigeants des années 70 martelaient que la rebellion
culturelle du monde occidental était menée par douze
fumeurs de pétards cinglés, Busnel prétend qu'une
rebellion contre les agissements sans foi ni loi de Perben et son
homologue Castelli de la Ligue du Nord est l'affaire d'une trentaine
d'intellectuels à fume-cigarette. Si tu étais un poil
visionnaire, cher Busnel, tu aurais remarqué que cette rebellion
est dans l'air du temps. Elle est née de la même raison
et de la même tendresse que celle des espagnols qui ont viré
Aznar, que celle qui donnera les résultats des élections
de dimanche prochain en France et que celle qui élira John
Kerry aux Etats-Unis. Ils auraient eu raison parce que : 1) L'Affaire Battisti a mis en lumière l¹inculture, la duplicité et la dureté, tu me pardonneras ces pléonasmes, de la bande à Raffarin alliée au magma italien de Berlusconi, bref a confirmé le ridicule de cette Europe autoritaire, soeur des Etats-Unis de Bush, qui, à l'aide d'une propagande médiatique inlassable, prétend affirmer, qu'une fois ces fantômes éliminés, toutes les dégénérescences -pauvreté, chômage, aliénation mentale- qu'elle a fabriqué elle-même par couches successives depuis la révolution industrielle, disparaîtront. Au passage,
ces fameux garants de la justice et de la morale ont-ils dressé
des statues à la génération de Battisti, pour
le droit à la contraception et l'avortement libre et gratuit,
pour avoir donné des pères aux enfants et non plus des
chefs de famille, pour avoir crée la meilleure psychiatrie
de l'histoire moderne, pour avoir permis aux femmes de travailler,
pour avoir hurlé à la guerre au Vietnam, pour avoir
martelé le mot "écologie" ? Parce que la mémoire collective a retenu seulement l'issue du combat, son échec. Elle a fait le black-out sur le combat lui-même et du même coup sur ses lumières. (Voltaire, tu suis ?) De la même manière, ton utilisation du mot démocratie comme un état définitif ne tient que si tu fais l'impasse sur la sociologie et sur la biologie. Bien confortable, mais dans ce cas tu n'es qu'un mort qui s'agite derrière des paravents de mots tout aussi morts. Je t'apprends que les mots bougent, ils sont à toi, pas seulement au dictionnaire, tu peux en faire ce que tu veux, au cas où tu voudrais sortir de ta tombe. Je suis
sûre, toi le démocrate exemplaire, que tu ne sais même
pas que cet immense mouvement mondial et culturel -dont tu bénéficies
maintenant dans ta vie quotidienne de baratineur amnésique
- fut si puissant que Nixon, dans un discours de 72 et Giscard dans
un discours de 74 mettaient en garde le monde contre la croissance
! La mémoire collective a tant usé du mot perdant que même ceux qui ont été les moteurs d'un progrès inouï dans les relations humaines, se qualifient de perdants. Mais, du point de vue de l'issue, nous sommes tous perdants. La question est de savoir comment nous avons vécu. Et ce que nous avons apporté. Toi, ça va être vite compté, car si tu crois que Voltaire va te donner de son avoir, là aussi, tu te goures. 2) L'affaire Battisti a aussi révélé, au delà de l'argumentation, deux sortes de faux jumeaux parmi ces scribouillards outrés par l'existence de Battisti et atterrés par les "fous" qui le soutiennent : - les lâches qui se soulagent en demandant la peau d'un type "dont ils ont entendu parler". Cesare Battisti ou un autre, n'importe qui fera l'affaire. On a vu ça illustré dans les westerns, ces types qui s'excitaient autour de la corde du pendu. Ou il suffit de regarder des photos de femmes se faisant tondre sur la place du village au lendemain de la guerre. Ces visages déformés par la cruauté jouissant du spectacle, comme si ce happening allait les venger de leur pauvre vie. - les planqués du type Busnel, courtois comme un courtisan, bien au-dessus même de l'amour, de la haine, de la vengeance, froid comme un poisson mort, rassemblant, comme on lui a appris à l'école, une série d'informations sur un sujet qui lui est totalement étranger. S'il a senti une chose et une seule, ce n'est même pas sa propre odeur, c'est juste qu'il fallait en parler " puisque tout le monde en parle " si loin et si las de son sujet qu'il ne parvient même pas faire le lien entre ceux qui ont évoqué le sort de Gao Xingjian et ceux qui ont soutenu Battisti. Frédéric Beigbeder qu'il cite, par exemple. Vous les
reconnaîtrez souvent ces jumeaux-là. Comme ils portent
un costard plus chic que leurs frères, ils s'octroyent la sidérante
impudence de se réclamer de ceux qui sont devenus au fil des
siècles des monuments littéraires. Mais la solitude des os, l'obscurité des cendres, qu'en savent les morts ? Christine
Van de Putte
A SUIVRE...
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