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Le Vérité sur Cesare Battisti
textes et documents rassemblés par Fred Vargas
Ed. Viviane Hamy, collection bis, 2004, 238 pages, 7 euros
En librairie le 20 mai 2004.

 

Textes et documents rassemblés avec la collaboration de

Claude Mesplède

Claude Amoz
Alexandre Bilous
Valerio Evangelisti
Michèle Lesbre
Dominique Manotti
Patrick Mosconi
Wu Ming 1

et traduits par

Alexandre Bilous
Paola De Luca
Janie Lacoste
Gérard Lecas
Serge Quadruppani
Claudine Roméo
Sophie Ronsin
Roberto Silvi

Merci aux Comités de soutien d’Ile de France
et des Régions dont l’appui fut décisif.


« Criminel odieux », « assassin », « tueur »…
Cet homme qui n’est pas moi porte
mon nom dans les journaux, partout.
Cet homme, ce meurtrier, je ne le connais pas.

Cesare Battisti, mars 2004

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SOMMAIRE

• Fred Vargas : Une brève histoire du long parcours de Cesare Battisti :
« Afin que chaque Français puisse atteindre à la vérité qui lui est cellée »

• Quentin Deluermoz: De l'homme Cesare Battisti à la figure « Cesare Battisti »:
« […] une haine violente qui peut paraître ici étrange »


Les « années de plomb » en Italie

Les lois « spéciales », par Wu Ming 1 :
« La « loi sur les repentis » couronna la législation d’exception en concédant des remises de peine aux  ‘repentis’. »

Les tortures :
« Un autre me donnait des coups de poing à l’estomac et aux testicules. […] allongé, j’ai été forcé à boire l’eau qui m’arrivait dans la bouche par un tuyau branché au robinet, ouvert au maximum. »

Qu’est-ce qu’un « repenti » ?

Qu’est-ce qu’un « dissocié » ?

Amnesty International face aux procès italiens des années de plomb (1980-1988) :
« Les autorités italiennes ont violé tous les accords européens et internationaux sur des procès équitables et des délais raisonnables. »

Qu’est-ce que « Gladio » ?
« une organisation secrète, née au début des années 50 d’un accord entre la CIA et les services secrets italiens. »

Qu’est-ce que « L’Autonomie ouvrière » ?
« une galaxie de collectifs d’inspiration marxiste libertaire née en Italie au début des années 70. »


Le procès contre Cesare Battisti :
Justice « de plomb», nature, accusations
et conséquences

Ce que les médias ne disent pas, par Wu Ming 1 :
« Un lynchage médiatique comme on n’en avait plus vu depuis longtemps. »

L’autre son de cloche sur les procès contre Cesare Battisti, par Valerio Evangelisti :
« Donc, je continuerai de le présumer innocent, comme devrait le permettre toute bonne conception du droit. »

Une famille en prison : après l’évasion de Cesare Battisti, l’arrestation collective de ses parents – Témoignages.

La désinformation française relaie la propagande italienne, par Fred Vargas :
« Non-dits, déformations, mensonges, descriptions imaginaires et sordides
[…] »



La parole d’Etat de la France, le respect du Droit,
et ses défenseurs

La Doctrine Mitterrand :
« J’ai dit que ces trois cents italiens […] étaient à l’abri de toute sanction par voie d’extradition. »

Arrêts de la Cour d’Appel de Paris, 1991 :
« La Cour est d’avis qu’il n’y a pas lieu d’accueillir favorablement la demande d’extradition faite par le Gouvernement de l’Italie contre le nommé Battisti Cesare. »

Lettre de Lionel Jospin aux avocats de la défense des réfugiés italiens :
« […] il n’a fait et ne fera droit à aucune demande d’extradition d’un des ressortissants italiens. »

Lettre de Daniel Pennac :
« vous dire combien j'ai honte de ce que mon gouvernement est en train de vous faire […] Courage donc, et à vous voir bientôt, libre. »

Robert Badinter :
« La libération de Battisti est juste. L’Etat doit respecter la parole donnée. ».

Bertrand Delanoë, Maire de Paris :
« Le respect strict des principes démocratiques. »

Lettre ouverte de vingt et un sénateurs à Monsieur Jacques Chirac, Président de la République :
« Notre pays a un engagement moral envers eux. »

Lettre de l’Abbé Pierre au Président de la République Jacques Chirac :
« Je fais appel à votre esprit d'humanité […] »

Lettre ouverte aux Italiens et aux Français, par Cesare Battisti :
« Ma sincérité. Ma vérité. Voilà tout ce que je possède face à cet assaut. »

La parole donnée est-elle négociable ?,  par Erri De Luca :
« À partir de cette expérience[…] d'indifférence envers les engagements, j'éprouve de l'admiration pour un pays [la France] qui agit différemment. »

Jean-Pierre Mignard :
« Paris a joué un rôle apaisant pour toutes les parties. »

La parole de la France, par P. Vidal-Naquet, E. Morin, S. Hessel et M. Rebérioux :
« La France prendrait le risque d'entrer dans l'histoire par la porte dérobée habituellement réservée aux trahisons ».

Lettre du Président de la Ligue des Droits de l’Homme :
« Ce n'est donc pas la première fois que nous avons honte. »

Note blanche des Renseignements Généraux au contenu falsifié

Lettre des avocats de la défense au Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris :
« injures et imputations diffamatoires 'd'une gravité exceptionnelle’ adressées aux défenseurs par l’Ambassade d’Italie. »

Défense citoyenne de la parole d’Etat et du Droit :

Pétition nationale: 
« Nous, citoyens français, refusons que notre pays ne respecte pas sa parole. »


CONCLUSION

• Fred Vargas : Cesare Battisti ou l’arbre qui cache la forêt
« […] détourner l’attention du public en la focalisant sur une cible précise, donnée pour ‘responsable de tous les maux »


Annexe

L’évolution de la « stratégie de la tension » et de « l’état d’urgence » : 1969-1982.


COMMUNIQUE

EN LIBRAIRIE LE 20 MAI 2004 / Collection [ b I s ]


La Vérité sur Cesare Battisti
, 240 pages / 7 euros
Textes et documents rassemblés par Fred Vargas

Pietro Verri / Observations sur la torture - 1777, 160 pages / 7 euros
Traduit de l'italien par François Bouchard

" Tant d'encre a coulé pendant les mois de mars et d'avril [2004] sur l'affaire Cesare Battisti que le premier des faits à pointer est précisément cette extraordinaire démesure ; et la première des choses à faire de s'interroger sur sa raison même. […] Pour influencer et paralyser l'opinion publique, on a vu se développer une propagande accusatrice et haineuse strictement ciblée sur un homme qui, il y a un mois encore, était parfaitement inconnu des Français.
Parce que cette réaction est hors de proportion, et nous dirons même anormale, elle est riche d'enseignements : car elle est l'expression symptomatique d'un phénomène bien connu, le masquage. En psychiatrie, le masquage, occupant l'esprit tout entier au profit d'une idée obsessionnelle, se nomme un " évitement ", ayant pour fin d'empêcher le problème véritable de parvenir au conscient. Le parallèle n'est pas inutile : car en Histoire, le masquage, orchestré par un pouvoir, qu'il fut d'Église ou d'État, qu'il ait été médiéval ou contemporain, n'a jamais eu qu'une seule fin : détourner l'attention du public en la focalisant avec un grand retentissement sur une cible précise, donnée pour "responsable de tous les maux", afin d'éviter la visibilité de vérités embarrassantes ou indicibles : l'impuissance ou la faute gouvernementale. Les exemples d'autodafés et autres bûchers destinés à dissimuler les cavernes des pouvoirs et leurs chambres hantées sont monnaie courante de l'Histoire, chacun le sait. Ces bûchers furent les arbres choisis pour cacher les forêts. "

En lisant les documents rassemblés dans ce volume, ainsi que les analyses des Italiens Valerio Evangelisti et Wu Ming 1 - rappelant ce que furent les " années de plomb " en Italie et la mise en place des lois spéciales qui donnèrent naissance aux figures du " repenti " et du " dissocié " -, et des Français Quentin Deluermoz et Fred Vargas, les éditions Viviane Hamy ont immédiatement pensé aux Observations sur la torture de Pietro Verri, un texte italien du XVIIIe siècle, inédit en français, qu'elles avaient publié en 1992.
Déjà en 1630, la " Raison d'État " transformait deux habitants de Milan, deux anonymes - les sieurs Piazza et Mora - en " bouc émissaire ", sous prétexte qu'ils auraient oint les murs de la cité avec des substances pestifères…
Le Sénat détournait l'attention de l'opinion publique pour mieux dérober la grave crise politique que traversait le duché de Milan.

Il nous a alors semblé essentiel de redonner à lire les Observations de Pietro Verri - écrites en 1777 - en même temps que La Vérité sur Cesare Battisti, pour donner à voir combien une Justice se doit de rendre ses jugements en " toute Raison " et non en " toute Passion ", et que " l'extradition, de Cesare Battisti constituerait un affront à l'honneur de notre pays et de ses citoyens, et une faute gravissime au regard de l'Histoire. "

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ViaLibre5 / n°16

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